Actualité Violences faites aux femmes

Enquête : « Violences envers les femmes, comment en finir ? »

CONSULTATION CITOYENNE

Une enquête et un colloque pour un processus participatif.

Une question et quelques détails : 1 minute seulement !

 

Formulaire             Document de présentation de l’enquête

 

Dès aujourd’hui, et jusqu’au 15 septembre, Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes lance une consultation citoyenne sur la question de la lutte contre les violences envers les femmes. Les résultats seront utilisés comme thèmes à exploiter lors d’une concertation citoyenne les 15 et 16 décembre, à l’Assemblée des Femmes et des Associations à Namur.
Ce processus aboutira à des propositions concrètes et des recommandations à l’usage de nos dirigeants et des associations de terrain. Le projet est réalisé en partenariat avec l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, la La Province de Namur, la Ville de Namur (Page officielle), le Collectif contre les Violences familiales, La Voix Des Femmes Asbl, Le Monde selon les femmes asbl et l’ Acrf Femmes Milieu Rural.

Nous souhaitons vous donner la parole et vous laisser, en tant que citoyen.ne.s et actrices/acteurs de terrain, décider vous-même de la thématique prioritaire à travailler afin que vous puissiez vous approprier entièrement le débat. Hors des sentiers battus, où les citoyen.ne.s identifient-ils les problèmes qu’il faut traiter en priorité? Et dans le milieu professionnel, qu’en pensent les intervenant.e.s? C’est l’idée de cette enquête, qui ne contient qu’une seule et unique question, afin de limiter au maximum les orientations prédéterminées dans l’approche :
« QuelLE problème/question souhaitez-vous prioriser dans la lutte contre les violences envers les femmes ? »

 

 

Merci de partager autour de vous et pas uniquement dans le milieu associatif féministe, afin de recueillir un maximum de points de vue !!

 

Actualité Parlement FWB Travail parlementaire

Parlement de la FWB – #3 Commission Droits des femmes et égalité des chances

Séance du 23 mai 2017

 

Compte-rendu intégral officiel à lire sur : http://www.pfwb.be/le-travail-du-parlement/agenda-des-activites-parlementaires/001558027

 

  1. Questions de Clotilde Leal-Lopez (CDH), Virginie Defrang-Firket (MR) et Marie-Françoise Nicaise (MR) : « Étude sur le vécu des femmes incarcérées »

 

Les asbl Barricade et Alternative Théâtre ont réalisé un projet (« Paroles / Détenues ») en collaboration avec la prison de Lantin et surtout de plusieurs femmes qui y sont incarcérées. Elles ont pu prendre la parole et discuter, témoigner dans le quotidien de femmes en prison. Les trois députées ont été marquées par ces témoignages forts sur des sujets comme la maternité, l’éloignement de la famille, le manque de préparation à la sortie, le sens de l’enfermement, le manque de soins médicaux, l’absence totale d’intimité…

Existe-t-il d’autres projets portés par des associations en prison (éventuellement soutenus par la FWB), visant principalement les femmes ? Combien de détenues sont inscrites dans une démarche de formation ? Quel budget est consacré aux femmes en prison en général ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

La ministre se déclare particulièrement heureuse de l’impact de ce projet, d’autant plus qu’il a fait l’objet d’un soutien de la FWB, à travers l’appel à projets « Alter Égales », d’un montant de 15.000 €. Par ailleurs, son objectif est de « diminuer les conséquences négatives de l’incarcération », en donnant du sens au temps passé en prison, par exemple grâce à l’enseignement de promotion sociale qui s’ouvre désormais aux détenu-e-s. Une centaine de femmes détenues rentrent actuellement dans les conditions pour suivre les formations proposées.

La brochure réalisée par Barricade pourrait être diffusée plus largement, par exemple dans les écoles que comme l’a proposé Virginie Defrang-Firket.

 

 

  1. Interpellation d’Hélène Ryckmans (Ecolo) : « Arrêtés d’exécution du décret « Genre » »

 

D’après ce que le gouvernement de la FWB a communiqué, chaque mesure prise par ce même gouvernement sera soumise au « test genre », permettant ainsi de se pencher sur l’impact des mesures prises sur la situation respective des femmes et des hommes. Cependant, les textes ont été adoptés il y a plus d’un an déjà. Où en est l’élaboration du vade-mecum et du formulaire « intelligent » ? Comment va s’effectuer la collaboration avec les membres des autres cabinets ministériels ? Comment explique-t-on que le processus de mise en œuvre du gender budgeting tarde à se mettre en place ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

Depuis le vote du décret début 2016, une cellule d’appui a été créée au sein du ministère, avec deux équivalents temps plein, pour soutenir les services, regrouper des données et évaluer la mise en œuvre des « tests genre ». Parallèlement, une formation à l’attention des agents de l’administration et des cabinets ministériels est menée par un organisme externe. Une soixantaine de personnes ont déjà été sensibilisées et formées à la pratique du « test genre » et du gender budgeting. Fin 2017, ce nombre devrait atteindre 200 pour un budget total de 30.000 €.

Le vade-mecum et le formulaire intelligent sont en cours de finalisation.

Concernant le gender budgeting, une mise en œuvre progressive a effectivement été décidée, en raison de l’ampleur de la tâche et d’une volonté de s’engager dans une démarche qualitative sérieuse.

 

La ministre précise également que, depuis très récemment, les notes d’orientation, projets de décret ou d’arrêté ne pourront plus être inscrits à l’ordre du jour du gouvernement si le « test genre n’y est pas annexé.

 

 

  1. Question de Marie-Françoise Nicaise (MR) : « Étude « Start it @kbc » relative à l’entrepreneuriat féminin »

 

Cette étude pointe les obstacles que l’on connaît : peur de l’inconnu, difficulté d’attirer les investisseurs, stéréotypes d’une moindre compétence que les hommes… Une amélioration de la situation est néanmoins soulignée, avec une augmentation du nombre de femmes entrepreneures, bien que leurs activités restent liées à la mode, la décoration… Les modèles et mentors féminins doivent être mis en avant pour encourager les femmes dans des milieux dominés par les hommes.

Ces recommandations sont-elles prises en compte par l’Agence pour l’Entreprise et l’Innovation (AEI) dans son plan 2015-2020 ? Quels échanges avec l’AEI et le cabinet Marcourt ? Le projet de cartographie de l’entrepreneuriat social féminin du Lobby Européen des Femmes a-t-il abouti ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

« Alter Égales » avait effectivement soutenant le projet « WEstart » du Lobby Européen des Femmes, qui sera poursuivi sur fonds privés dans dix autres pays européens. Une première cartographie a donc bien été réalisée, permettant un état des lieux de l’entrepreneuriat social féminin en Belgique et fournissant un bel outil statistique sexué.

Les résultats ont menés à une collaboration avec le cabinet de Jean-Claude Marcourt, pour réfléchir à l’amélioration de l’accès des femmes aux métiers technologiques. Un carnet pratique à destination des écoles est en cours d’élaboration par l’asbl Interface3 Namur. Avec l’Agence du numérique, une grande campagne de communication est envisagée pour y véhiculer une image positive et attractive des femmes entrepreneures, en particulier dans les métiers porteurs du numérique.

En outre, l’AEI a mis en œuvre le programme « Générations entreprenantes », qui propose des modèles d’identification et un accompagnement (tutorat, mentorat…) des jeunes femmes et hommes entrepreneur-e-s.

 

 

  1. Question de Laetitia Brogniez (MR) : « Forum IDAHOT »

 

IDAHOT est l’abréviation anglophone de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, fixée le 17 mai. Cette année, pour la 5ème fois, le gouvernement fédéral a organisé le « Forum IDAHOT », en collaboration avec d’autres niveaux de pouvoir, dont la FWB. Quelle est l’implication exacte de la FWB dans cet évènement ? Quelles sont par ailleurs les actions et projets de la FWB sur ce sujet ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

Le fédéral a exigé une participation financière minimale de 33%, en échange de l’organisation de deux ateliers. Le premier portait sur les luttes communes et les particularités des combats LGBT dans les pays du Maghreb et en Belgique, réunissant des militant-e-s et activistes de nombreux pays. Le second visait à se pencher sur l’intégration des personnes transgenres dans l’enseignement supérieur, en collaboration avec l’association « Genres pluriels » et un groupe de travail lancé parallèlement par le cabinet Marcourt.

D’une manière générale, il apparait évident, aux yeux de la ministre, que l’ensemble des politiques d’égalité doivent garder une attention spécifique à cette problématique.

 

 

  1. Question de Marie-Françoise Nicaise (MR) : « Violences conjugales, existence d’une approche spécifique pour la communauté LGBT ? »

 

Tout le monde se souvient de la campagne « Fred et Marie » luttant contre les violences conjugales. Par ailleurs, une autre campagne (« Et toi, t’es casé-e ? ») a été menée sur les stéréotypes homophobes et transphobes. La Fédération Wallonie-Bruxelles est très active sur ces thématiques, mais pour quelles raisons sont-elles abordées séparément ? Les violences conjugales existent également parmi les couples LGBT. De plus, les victimes subiraient une double peine : la violence et les réactions homophobes ou transphobes. Une nouvelle campagne pourrait-elle être mise sur pied (« Marie et Marie », « Fred et Fred ») ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

« La violence dans le couple est reconnaissable par sa dynamique et par la relation d’emprise exercée par l’auteur sur la victime, et ce indépendamment de l’orientation sexuelle des victimes et des auteurs ». Néanmoins, des personnes homosexuelles pourraient effectivement se sentir réticentes à faire part de violences conjugales, par crainte de réactions discriminatoires liées à leur orientation sexuelle. Il est clair que les campagnes de sensibilisation aux violences conjugales s’adressent plus particulièrement aux femmes hétérosexuelles, bien plus nombreuses, mais la communication entourant la ligne d’écoute téléphonique est toujours rédigée de façon à ce que chaque personne puisse se sentir légitime pour faire appel aux services des professionnels de cette ligne.

En outre, des visuels de différentes campagnes intègrent des couples homosexuels. C’était le cas en 2015 avec la campagne « No Violence », et en 2013 avec la campagne « Huit couples » qui interpellait le public sur le fait qu’un des huit couples représentés (dont un couple homosexuel) était marqué par la violence conjugale.

 

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L’urbanisme namurois au prisme du genre. Regard sur des espaces-temps avec Garance et ses « marcheuses »

 

Suite à une sollicitation du Pavillon de l’aménagement urbain de la Ville de Namur, en vue de recueillir des informations et expériences des citoyennes sur certains quartiers très prochainement réaménagés (Bomel, quartier de la Gare, quartier des anciennes casernes), l’asbl Garance a réalisé 10 marches exploratoires avec un total de 63 femmes. Quelles sont leurs envies, leurs recommandations pour une ville idéale ? Voici la synthèse que nous proposons du rapport complet publié en mars dernier par Garance.

 

L’analyse de genre est rarement prise en compte dans les politiques d’urbanisme et d’aménagement des espaces publics. Comme dans d’autres champs, cela rend invisible les inégalités entre les femmes et les hommes et entraine des décisions parfois inéquitables car essentiellement pensées, comme par défaut, sur un modèle masculin d’organisation de la vie quotidienne. « Comment aménager l’espace public pour que les femmes puissent se l’approprier sur un pied d’égalité ? […] Comment créer un espace public dans lequel tous et toutes se sentent à l’aise et peuvent bouger sans danger ? » (p. 3).

Cette notion de danger est essentielle à ce sujet, les espaces publics étant fortement liés au « sentiment subjectif d’insécurité », bien davantage ressenti par les femmes que par les hommes. Ce sentiment engendre des stratégies d’évitement, du stress, un repli sur soi ; autrement dit, il a comme effet « de limiter la mobilité, la liberté et finalement, le bien-être et la participation citoyenne des personnes » (p. 4). Il est donc nécessaire de bien comprendre, avec les citoyennes, comment une ville peut être ou ne pas être agréable à vivre pour tout le monde.

L’avis des femmes est important car, outre le fait qu’elles représentent la moitié de la population, elles se déplacent plus souvent à pied et à proximité de leur domicile, nouent plus de contacts sociaux, etc. Ce sont ces avis de femmes que Garance va permettre de faire entendre, grâce à la méthodologie des « marches exploratoires » qui est l’une de ses propres expertises les plus en vues. Ces « promenades guidées permettent de s’arrêter sur les détails d’un quartier, de mettre des mots sur des sensations de confort et d’inconfort et d’en expliquer les raisons. Elles ont eu lieu de juin 2015 à février 2017.

 

Les critères de la ville agréable : lumineuse, spacieuse…et sans odeur d’urine

 

L’un des principaux points de discussion relève de la visibilité. « Voir et être vue », tout d’abord, avec la question de l’éclairage public. Les lampes placées sur les façades des maisons recueillent le plus de succès : pas trop hautes, réparties de part et d’autre de la rue, elles la rendent plus agréable et sécurisante que des lampadaires circulaires ou des spots ronds, parfois plus jolis mais aussi aveuglants et éclairant trop peu les trottoirs.

« Savoir où l’on est et où on va », ensuite, l’orientation déterminant notamment le sentiment d’insécurité. Les marcheuses souhaitent des panneaux clairs (textes pas trop petits), visibles (éclairés la nuit), et des plans de la ville pouvant être lus dans des endroits où l’on peut s’arrêter facilement. À Namur, elles regrettent le manque d’indications autour de la gare (pourtant essentielles pour les personnes qui ne connaissent pas la ville) mais apprécient les panneaux à destination des cyclistes, également utiles pour les piéton-ne-s.

 

Les pistes cyclables sont pourtant jugées peu idéales. Mal conçues, certaines cèdent directement leur place au milieu d’une rue…à des places de parking pour voitures.

Les trottoirs namurois alternent les degrés de satisfaction pour les marcheuses. Elles préfèrent les trottoirs larges, avec de gros pavés (s’ils sont en bon état), plus accessibles pour les personnes à mobilité réduite ou avec une poussette et sur lesquelles les personnes peuvent se croiser sans difficulté. Par ailleurs, de nombreux obstacles entravent le passage : poubelles, bornes électriques, lampadaires, panneaux pour les voitures… Chaque emplacement devrait être pensé spécifiquement pour chaque rue, en prenant en compte l’accessibilité des trottoirs et l’aisance des déplacements. Le revêtement des trottoirs est également pointé du doigt par les marcheuses : ils sont trop souvent glissant et des matériaux plus praticables en temps de pluie (ne sommes-nous pas en Belgique ?) devraient être utilisés.

 

Si la facilité de déplacement sur les trottoirs peut réduire le sentiment d’insécurité, une rue sale et malodorante produit clairement l’effet inverse. D’une part, la gestion des poubelles semble une priorité pour les marcheuses et, d’autre part, les odeurs d’urine représentent un véritable repoussoir que les toilettes publiques payantes ne résolvent pas. Elles encombrent la vue, se transforment en dépotoir et l’odeur n’est pas moins forte. En outre, elles sont coûteuses à l’installation et à l’entretien. « Une des étapes pour résoudre ce problème est tout d’abord de faire comprendre aux hommes que la ville n’est pas un urinoir » (p. 11).

Deux types de solution sont avancés par les marcheuses. Premièrement, des toilettes pourraient être installées dans des rez-de-chaussée vides (peu accueillants) à travers la ville. Deuxièmement, un partenariat entre la ville et des commerçants, moyennant compensations financières, pourrait permettre de mettre à disposition les toilettes pour tous et toutes, par exemple à l’aide d’un autocollant facilement identifiable sur la devanture du commerce participant.

Des toilettes propres, faciles d’accès (avec des marquages au sol et des rabaissements plus fréquents aux passages pour piéton-ne-s) et n’obstruant pas la vue dans les espaces publics permettraient notamment aux femmes de profiter plus longuement d’un temps de loisir dans un espace public sans que leurs besoins naturels ne les contraignent à rentrer chez elles.

 

Une démarche locale approfondie, entre ressentis négatifs et propositions concrètes

 

Le rapport fait part de nombreuses remarques des marcheuses sur des lieux très précis de la ville et des quartiers parcourus, remarques dans lesquelles les personnes habitant ou connaissant Namur se reconnaîtront probablement. La gare représente évidemment un point central, à la fois de passage et de repère dans la ville. Malheureusement, son aménagement n’est guère satisfaisant aux yeux des participantes : vue obstruée par de nombreux obstacles (panneaux annonciateurs, publicités ­– trop souvent sexistes – ou imposantes colonnes d’ascenseurs), éclairage faible à la sortie, forte odeur d’urine à la descente d’escalators en panne, sols glissants, accès PMR mal pensés…

Le passage de la gare vers le Boulevard du Nord est considéré comme particulièrement désagréable. « Le stress vécu par les femmes qui empruntent ce passage est grand et ne doit pas être négligé. Certaines n’osent plus s’y rendre après une certaine heure. […] [Il] leur arrive même d’éviter de prendre le train tard pour ne pas être confrontée à ce sentiment désagréable » (pp. 16-17).

Le ressenti concernant les rues adjacentes à la gare ne sont guère plus brillants. D’un côté, la Place de la Station est envahie par la pollution sonore (le bruit du trafic routier omniprésent) et visuelle (les publicités) ; les arcades du Boulevard Mélot protègent de la pluie mais sont sombres, bloquent la vue et les femmes subissent le harcèlement ordinaire d’hommes y passant leur temps. De l’autre, le Boulevard du Nord est vide passé une certaine, et le manque de contrôle social généré par des activités humaines diversifiées augmente le sentiment d’insécurité.

Le passage sous le pont de Louvain est sombre, malodorant et met mal à l’aise ; au-dessus de ce même pont, la circulation des piéton-ne-s est dangereuse à cause de voitures roulant trop vite. Le square Léopold est « laissé à l’abandon ». La gare des bus « a mauvaise réputation ». Des pigeons morts jonchent le toit de la galerie Werenne, défraîchie. La rue de l’Inquiétude, quant à elle…porte un nom lourd sens ! Et bien d’autres choses encore…

 

Le tableau n’est pas totalement noir pour autant. Les marches exploratoires ont également pour objectif de souligner le positif et de faire ressortir des propositions constructives. Par exemple, certains alentours de la gare sont jugés agréables car propres et munis de trottoirs larges. Les participantes apprécient le quartier Bomel pour son ambiance conviviale, sa diversité de services de proximité, les plantes sur les balcons, etc. La rue Derenne-Deldinne est considérée comme un bon exemple pour ses éclairages. Le night-shop du rond-point Léopold amène de la présence aux heures tardives. La rue de Fer est joyeuse et agréable en journée, avec beaucoup de passage. La prison est également facile d’accès pour les personnes rendant visite à des détenus.

Les propositions ne manquent pas non plus, comme celles concernant les toilettes, trottoirs ou éclairages publics. Les marcheuses souhaitent de la peinture claire sur les murs à la sortie de la gare, un nettoyage des plafonds de la Galerie Werenne pour apporter de la clarté, un changement de nom pour la rue de l’Inquiétude, une absence de murs au futur parc du quartier des anciennes casernes pour qu’il ne soit pas « enfermé », etc.

L’élément revenant le plus régulièrement est le besoin d’une diversité des activités dans une même zone : « Un bon équilibre entre commerces, habitations, espaces culturels qui ouvrent en horaires décalés, permettrait au quartier de maintenir assez de présences en permanence pour que tous et toutes osent le traverser et le fréquenter à toute heure » (p. 22).

 

Namur, une ville sensible au genre dans ses espaces-temps ?

 

La démarche « temporelle », que Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes met en avant dans ses activités, est clairement présente. L’urbanisme n’est pas qu’une question d’espace mais aussi de temps. Les marcheuses ont régulièrement exprimé leurs ressentis, par exemple au regard des heures de la journée, liées à la clarté. Le soir et la nuit sont souvent corrélés au sentiment d’insécurité et au développement de stratégies d’évitement de femmes qui se retrouvent en partie exclues de l’espace public.

D’autres remarques montrent l’importance de la prise en compte des temporalités et de l’articulation des temps de vie dans l’action publique : certaines zones sont désertes en dehors des heures scolaires et pendant les vacances scolaires, des horaires décalés sont souhaités pour certaines activités, des espaces sont particulièrement appréciés lors d’un temps libre ou durant la pause de midi…

En complément à ses espaces, un territoire doit aussi pouvoir être pensé en fonction des heures de la journée, des jours de la semaine ou des saisons dans l’année. Garance l’a bien compris et des échanges avec Synergie Wallonie pourront permettre, dans un futur proche, notamment dans le cadre d’un projet mené en collaboration avec des communes bruxelloises, de rendre plus visible encore le rapport aux temps des individus et des inégalités entre femmes et hommes qui en découlent.

 

La Ville ayant commandité ces marches, Garance espère vivement que les recommandations émises par les marcheuses seront prises en compte et qu’avoir sollicité ce public à qui l’on donne généralement peu la parole ne serait pas vain. « On nous a signalé que les promoteurs responsables de la rénovation des quartiers prendront contact avec nous à l’automne », nous explique Laura Chaumont, en charge du projet pour Garance. « Nous voyons cela positivement : nous attendons de voir dans quelle mesure nous serons impliquées mais il semble que le message est bien passé du côté politique et que la transmission est en cours en vue de la mise en œuvre ».

Certaines initiatives ont entre-temps vu le jour (renommer des rues avec davantage de noms de femmes) ou sont déjà officiellement en projet (diminution du trafic routier à la sortie directe de la gare) mais Namur doit maintenant concrétiser de façon permanente une vision de la ville, inédite en Belgique, avec les « lunettes du genre ».

 

 

Voir également le reportage réalisé par Canal C le 27 mars 2017 :

 

Actualité Parlement FWB Travail parlementaire

Parlement de la FWB – #2 Commission Droits des femmes et égalité des chances

Séance du 9 mai 2017

 

Compte-rendu intégral officiel à lire sur : http://www.pfwb.be/le-travail-du-parlement/doc-et-pub/documents-parlementaires-et-decrets/documents/001556453

 

 

  1. Question d’Hélène Ryckmans (Ecolo) : « Campagne « Fifty-Fifty » et EVRAS »

 

La Fédération des Centres de planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes a lancé une campagne (« Fifty-Fifty ») pour sensibiliser les jeunes au fait que la contraception doit être l’affaire des deux partenaires (visant en particulier la responsabilité masculine). Par ailleurs, Ecolo a soumis au Parlement une proposition de « Pass contraception ». Que compte faire le gouvernement pour relayer cela ?

D’autre part, la députée s’inquiète de la présence du groupe catholique « Croissance » dans les écoles concernant l’EVRAS (Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle).

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

La ministre soutient la campagne « Fifty-Fifty », financièrement à hauteur de 2000 € et en favorisant sa diffusion. D’autres campagnes de sensibilisation sont d’ailleurs prévues en 2017, entre autres via les Centres PMS.

Concernant l’EVRAS, elle souhaite vivement éviter la diffusion de messages prosélytes par les différents prestataires de ce dispositif. Un label contraignant à cet égard est en cours de discussion au sein des gouvernements compétents.

 

 

  1. Question de Clotilde Leal-Lopez (CDH) : « Politique étrangère de la Belgique et droits des femmes »

 

Si la diplomatie multilatérale et le dialogue avec des pays aux valeurs très différentes sont essentiels, la députée s’interroge sur le récent vote quasi automatique pour l’entrée de l’Arabie Saoudite dans la Commission de la condition des femmes à l’ONU. Quelle est la position de la ministre ? Faut-il mettre sur pied une conférence interministérielle sur les enjeux relatifs aux droits des femmes et améliorer la concertation entre les gouvernements du pays ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

La concertation avec les entités fédérées n’est malheureusement pas requise et la décision relève uniquement du ministère des Affaires étrangères. La ministre désapprouve fermement le vote et le message qu’envoie l’entrée de l’Arabie Saoudite dans cette commission. De plus, elle souligne que le ministre a justifié ce choix en lien avec une position sur les ventes d’armes, ce qui, à ses yeux, est significatif de l’intérêt porté par le gouvernement fédéral aux droits humains en général, et aux droits des femmes et des filles en particulier.

Mme Simonis a demandé à son cabinet de rédiger un courrier à l’intention du Premier ministre pour qu’il mette en place une conférence interministérielle sur les droits des femmes dans le pays et à l’étranger.

 

 

  1. Question de Laetitia Brogniez (MR) : « Difficultés des femmes séparées ou divorcées »

 

D’après la Ligue des Familles, 40% des parents (majoritairement des femmes !) ayant droit à une contribution alimentaire ne la reçoivent pas dans les conditions prévues. Outre l’aspect financier, certains ex-conjoints (majoritairement des hommes) n’assument pas non plus leurs responsabilités, par exemple en matière d’éducation. Que sont les actions menées ou aides spécifiques proposées par le gouvernement de la FWB dans ce domaine, que ce soit en matière de sports, d’enseignement ou de culture ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

Effectivement, les inégalités entre femmes et hommes sont également flagrantes dans ce domaine. La FWB possède peu de leviers directs mais y porte une attention importante, par exemple à travers le projet de plan transversal de lutte contre les inégalités et la pauvreté. D’autres dispositifs sont déjà en place, comme la participation financière progressive selon les revenus dans les milieux d’accueil subventionnés de la petite enfance, ou encore les systèmes d’allocation de bourses d’études. Cependant, il est également essentiel, selon la ministre, de s’interroger sur la flexibilisation à outrance du travail, la réforme des pensions ou la sécurité sociale…

 

 

  1. Question de Déborah Géradon (PS) : « Promotion de l’accès des femmes au sein des conseils d’administration et concept du programme de mentoring »

 

La députée met en avant le travail de l’association Women on Board, qui soutient et promeut l’accès des femmes aux conseils d’administration des entreprises privées et publiques, par exemple grâce à la création d’une base de données. Récemment, Women on Board a initié le reverse mentoring, qui consiste à former des binômes féminins composés d’une femme directrice ou CEO et d’une jeune personne à la recherche d’une expérience de haut niveau. Que pense la FWB de ce genre d’initiatives et comment peut-elle les soutenir ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

Toutes les initiatives visant à une meilleure représentation des femmes dans les entreprises sont bénéfiques. La loi sur les quotas de genre dans les CA dispose d’ailleurs d’un bilan encourageant. À la suite de l’assemblée Alter-Egales de 2015 consacrée à l’égalité professionnelle, des recommandations avaient été émises, dont la mise en évidence d’exemples féminins de success-stories. La FWB a notamment soutenu l’association Engender pour un projet de sensibilisation à la parité et la mixité à destination des conseils d’administration du secteur associatif, ainsi que la publication du guide « Égalité, mixité et associations ». Cependant, des initiatives au niveau régional seraient également les bienvenues.

 

 

  1. Question de Clotilde Leal-Lopez (CDH) : « Conclusions du colloque sur le proxénétisme »

 

Un colloque sur la lutte contre le proxénétisme s’est tenu à Liège, rassemblant le monde judiciaire et les travailleurs sociaux. Quelles sont les conclusions et recommandations qui en découlent ? Quels rapprochements peut-on effectuer avec l’étude similaire commanditée par la FWB ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

La lutte contre les violences faites aux femmes est cruciale pour le ministère des Droits des femmes. Dans le thème que vous évoquez, il s’agit en effet de proxénètes (surtout des hommes) qui exploitent des personnes prostituées (surtout des femmes). Le colloque a été riche en enseignements. D’abord, la complexité du phénomène est à nouveau apparue. Ensuite, il est ressorti d’une analyse livrée par le CFFB, que la prostitution a des ramifications avec le crime organisé en Europe. Enfin, l’accent a été mis sur les coûts économiques et sociaux de la prostitution pour la société.

La ministre rappelle également qu’un projet de sensibilisation sur la prostitution étudiante est programmé à la rentrée prochaine.

 

 

Actualité Parlement FWB Travail parlementaire

Parlement de la FWB – Commission Droits des femmes et égalité des chances

 

Séance du mardi 25 avril 2017

 

Compte-rendu intégral officiel à lire sur : http://www.pfwb.be/le-travail-du-parlement/agenda-des-activites-parlementaires/001553550

 

 

  1. Question de Laetitia Brogniez (MR) sur « l’image de la femme dans les défilés de mode »

 

Les femmes mannequins sont très souvent minces, voire très maigres, et l’image de la femme renvoyée au public ne correspond absolument pas à la réalité et n’est pas positive pour les femmes en général.

Selon la députée, la France s’est dotée d’une loi obligeant les agences de mannequin à fournir des attestations de bonne santé, basées sur l’indice de masse corporelle. Qu’en est-il en Fédération Wallonie-Bruxelles ? Comment améliorer l’image de la femme, et cela peut-il passer par une légifération ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

La ministre partage les constats et l’inquiétude de la députée. Les représentations féminines dans le milieu de la mode ont des répercussions négatives sur l’image de la femme ainsi que sur la santé de ces mannequins que l’on érige en modèle pour le public. Elle s’étonne également que ces mêmes critères (les créateurs veulent des filles maigres car leurs vêtements « tombent » mieux sur elles) ne s’appliquent pas aux mannequins masculins !

Une loi permettant de limiter la diffusion des images sexiste est souhaitable, mais dans le cas de la mode, c’est le gouvernement fédéral qui est compétent en la matière. Les compétences de la FWB se « limitent » à la sensibilisation aux stéréotypes de genre, dans une logique de prévention. Par exemple, un décret sur les concours de beauté pour enfants a été approuvé récemment par le gouvernement de la FWB.

 

 

  1. Question de Clotilde Leal-Lopez (CDH) sur l’« état des lieux du plan intrafrancophone sur les violences envers les femmes »

Ce plan de lutte contre le harcèlement de rue, les violences conjugales ou encore les mutilations génitales a été adopté en 2015. Depuis lors, quelles mesures sont en application grâce à ce plan ? Où en sont les formations des professionnels annoncées ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

La ministre distingue quatre axes des mesures en cours ou déjà réalisées :

–          Renforcement de la formation initiale et continue des professionnels. Des groupes de travail ont été constitués pour les enseignements supérieur et de promotion sociale. La ministre a également proposé d’intégrer la problématique des violences sexistes et familiales dans les formations des enseignants.

–          Un groupe de travail réunissant des professionnels des secteurs de l’Aide à la Jeunesse, de l’Enseignement, de l’ONE et des Maisons de Justice a été mis sur pied pour désigner des personnes référentes pour les violences de genre, pour ensuite élaborer des programmes de formation.

–          Campagnes de sensibilisation. La campagne du « Journal de Marie » sur les violences conjugales a eu lieu en 2016 et a été relancée pour 2017, favorisant la visibilité du numéro vert consacré aux violences conjugales. Par ailleurs, une autre ligne téléphonique gratuite pour les violences sexuelles, gérée par SOS Viol, a été mise en place avec la collaboration de Rachid Madrane, ministre des Sports.

–          Une étude sur la violence dans les relations amoureuses chez les jeunes est en projet. Une autre étude sur les expériences de femmes et d’hommes face à la violence devait également voir le jour mais est compromise, selon la ministre, par les coupes budgétaires opérées par le gouvernement fédéral.

 

 

  1. Question d’Yves Evrard (MR) sur un « phénomène méconnu : les femmes sans-abri »

 

Intervention suite à la parution d’un article dans Le Vif : 78% des personnes sans-abri sont des hommes, contre 22% de femmes, mais ces chiffres seraient sous-évalués. Quel pourrait être l’action de la FWB à ce sujet ? Par ailleurs, en 2011, la FWB avait soutenu une étude portant sur ce public. Des recommandations ont-elles suivi ? Les professionnels sont-ils formés aux spécificités de ce public ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

Effectivement, les femmes adoptent comme stratégie de survie une posture « masculine » qui les rend moins « visibles », plus discrètes dans l’ensemble des personnes sans-abri. La FWB n’est pas compétente pour agir directement là-dessus mais elle dispose de certains leviers, comme par exemple le plan intrafrancophone de lutte contre les violences.

Par ailleurs, la plateforme « Alter Égales » s’était penchée en 2015 sur l’égalité au travail, en montrant notamment les facteurs produisant un risque de paupérisation : travail à temps partiel, quotient conjugal en fiscalité, interruptions de carrière, écart salarial, etc. Des recommandations ont été formulées aux différents gouvernements du pays en matières d’autonomie financière individuelle ou encore d’équilibre entre les temps professionnel, familial, personnel et social. Cependant, les mesures prises par le gouvernement fédéral vont, selon la ministre, dans le sens contraire de ces recommandations…

 

Réaction d’Yves Evrard (MR) :

Désigner le gouvernement fédéral et les mesures d’austérité comme seuls coupables est une erreur, selon le député. Il souhaiterait que davantage d’actions concrètes soient entreprises envers ce public, même s’il convient que le champ d’action de la FWB reste limité.

 

 

  1. Question de Laetitia Brogniez (MR) sur « les femmes et le travail agricole »

 

Malgré la création d’un statut de conjoint-aidant il y a quelques années, le travail des femmes dans le milieu agricole souffre d’un manque de reconnaissance, qu’elles participent à la gestion de l’exploitation agricole partiellement ou à part entière. Comment la ministre peut-elle valoriser la fonction et le travail des agricultrices ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

L’emploi des femmes et les inégalités au travail font évidemment partie des missions du ministère des Droits des femmes. Pour rappel, l’assemblée des droits des femmes en 2015 s’était consacrée à l’égalité au travail, et la plateforme « Alter Égales » comporte en son sein plusieurs réseaux de femmes entrepreneures, ainsi que l’association Femmes en Milieu Rural.

Par ailleurs, cette thématique relève de l’Emploi et de l’Agriculture. De ce fait, la ministre déclare se concentrer principalement sur les missions de prévention et de sensibilisation aux stéréotypes qui orientent les carrières professionnelles des filles et des garçons. Plusieurs projets sont en cours à ce sujet, comme la sensibilisation aux enseignants des stéréotypes sexistes dans les manuels scolaires.

 

 

  1. Question de Laetitia Brogniez (MR) sur l’« homophobie dans le monde du sport »

 

Selon un récent sondage de la BBC, 8% des amateurs de football arrêteraient de regarder un match si elles savaient que l’un des joueurs est homosexuel. Ce sondage est très interpellant et la sensibilisation à la lutte contre l’homophobie semble difficile dans les milieux sportifs. Des chiffres sont-ils disponibles pour différents sports ? Des contacts existent-ils avec le ministre des Sports pour réaliser des actions coordonnées ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

L’homophobie constitue effectivement l’une des expressions, avec le racisme, du rejet de la différence, dans le sport comme ailleurs. Elle a néanmoins la particularité d’être plus tolérée sous prétexte de « plaisanterie ». « Les femmes connaissent bien cela aussi ! », rajoute la ministre.

La campagne « Eh toi, t’es casé-e ? » a été initiée pour sensibiliser les jeunes de 12 à 25 ans, ainsi que les professionnels encadrants de l’enseignement, de la jeunesse et des sports à la lutte contre les stéréotypes et les discriminations, notamment concernant le genre et l’orientation sexuelle. Rachid Madrane, le ministre des Sports, y a activement participé pour le volet sportif. De nombreux supports (site Internet, spots TV, page Facebook, guide pédagogique…) ont été largement diffusés et fort demandés par les professionnels.

 

Actualité Travail parlementaire

Parlement Wallon – Commission pour l’égalité des chances entre les femmes et les hommes

Séance du jeudi 30 mars 2017

 

Compte-rendu intégral officiel à lire sur http://nautilus.parlement-wallon.be/Archives/2016_2017/CRIC/cric147.pdf 

 

Audition sur l’entrepreneuriat féminin

 

Exposé de Loubna Azghoud, coordinatrice de la plateforme « Women in Business », complété suite à des questions de Virginie Defrang-Firket (MR) et Clotilde Leal Lopez (CDH)

 

Women in Business (WiB) fait partie d’Impulse, l’Agence bruxelloise pour l’entreprise, sous la tutelle du ministère de l’Économie. C’est une plateforme rassemblant une vingtaine de partenaires (Credal AFFA, Bruxelles Pionnières, les réseau Diane et Femmes Actives en Réseau, Interface 3, Wonder Women…) spécialisés dans la sensibilisation des femmes, l’accompagnement à la réalisation du projet entrepreneurial, la formation et le réseautage.

Les missions de WiB sont de stimuler la création d’entreprises et d’emplois par les femmes, et d’améliorer la visibilité de « l’écosystème » lié à l’entrepreneuriat féminin. Il est dès lors possible, pour une femme désireuse de lancer son activité, d’obtenir un accompagnement, de prendre place dans un réseau professionnel, de suivre une formation…

Il n’existe pas d’équivalent à Women in Business en Wallonie, à savoir une plateforme (structure publique) qui n’accompagne pas directement les femmes mais qui les oriente vers des structures adaptées et centralise les informations pour qu’elles soient plus accessibles.

Un baromètre de l’entrepreneuriat féminin à Bruxelles est publié par leurs soins tous les deux ans.

 

L’entrepreneuse bruxelloise type a moins de 35 ans, est diplômée de l’enseignement supérieur, n’a jamais eu d’activité entrepreneuriale avant, est basée à Uccle ou Woluwe-Saint-Lambert et travaille dans le secteur des services ou du paramédical. Cela signifie que peu de femmes entrepreneures sont présentes à Molenbeek ou Anderlecht, ainsi que dans les secteurs de l’industrie ou du numérique.

11% des start-up belges sont créées par des femmes, la moyenne européenne étant de 15%.

 

Plusieurs freins sont identifiés dans l’entrepreneuriat féminin :

  • Le partage inégal des tâches ménagères
  • Le manque de visibilité, les businessman étant souvent préféré par les médias à la businesswoman
  • L’accès au financement, résultant d’un manque d’accompagnement et de formation, notamment dû à des stéréotypes sexués partiellement intégrés par les femmes elles-mêmes dans leur parcours de vie
  • Les compétences en matière de nouvelles technologies
  • Le manque de réseau, lié aux freins précédents

 

Les femmes sont beaucoup moins présentes au niveau des nouvelles technologies, tant dans le milieu professionnel que dans les formations actuelles. Le projet Women in Tech a été créé pour tenter d’y remédier, soutenir les femmes dans les projets TIC.

 

Les constats formulés par Mme Azghoud sont assez négatifs, mais cela ne l’empêche pas de souligner les opportunités positives et de se battre pour que les femmes prennent la place qui leur revient – la même que les hommes, tout simplement ! – au sein du secteur économique.

WiB a été créée en 2014 et l’évaluation de son impact n’est pas encore évidente. Néanmoins, l’engouement est présent à chaque événement organisé : les entrepreneuses y sont de plus en plus nombreuses et l’impact médiatique est croissant.

Le nombre d’indépendantes complémentaires est en hausse, mais il semblerait qu’il ne s’agisse pas que d’une motivation financière. Souvent, d’après l’intervenante, les femmes entreprennent avant tout, davantage que les hommes, pour « se réaliser », s’épanouir.

Pour Loubna Azghoud, il est très important de montrer des modèles féminins, et mettre la visibilité sur des réussites d’entrepreneuriat féminin fait clairement partie de leur mission.

 

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Actualité Communiqué officiel

Communiqué : solidarité contre l’apartheid sexuel aux Jeux Olympiques

APPEL

Paris candidat à l’organisation des JO 2024

SOLIDARITE CONTRE L’APARTHEID SEXUEL IMPOSE AUX FEMMES

EN ARABIE SAOUDITE ET EN IRAN !

Partons, en délégation, soutenir les associations françaises

au départ de Bruxelles

inscrivez-vous ici :
https://www.eventbrite.com/e/jo-solidarite-contre-lapartheid-sexuel-tickets-34144920376

ou 

RDV le 15 mai 11h30 au siège du CNOSF

(Comité National Olympique Français),

1 avenue Pierre de Coubertin, Paris 13ème

Nous remettrons au président du CNOSF une lettre et un « cadeau » symbolisant le mépris de l’Iran et l’Arabie Saoudite pour les principes universels inscrits dans la Charte Olympique qui interdit toute forme de discrimination y compris de sexe.

                           

Ces deux pays – qui sont les deux seuls au monde à interdire l’accès des stades aux femmes – n’ont donc plus leur place aux Jeux Olympiques. Comme ils n’ont pas non plus leur place à la Commission du Statut des Femmes des Nations-Unies, où pourtant l’Arabie Saoudite vient d’être élue, rejoignant ainsi l’Iran parmi les 45 pays membres élus !

 

L’Afrique du Sud a été interdite de JO pendant 30 ans pour cause d’apartheid racial.

L’apartheid sexuel doit être condamné avec la même fermeté.

 

Les parisiennes et les parisiens doivent s’en souvenir.

 

Organisations Solidaires :

Ligue du Droit International des Femmes,

Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes  (regroupant 65 associations en France),

le SNEP-FSU (Syndicat National d’Education Physique),

les VigilantEs,

les femmes sans voile d’Aubervilliers

le Mouvement « Let Iranian Women enter their stadiums »,

Synergie Wallonie pour l’Egalité entre les Femmes et les Hommes asbl,

Nous espérons pouvoir compter sur votre présence !

Actualité Compte-rendu Stéréotypes

Enquête de l’IWEPS : les stéréotypes de genre ont la peau dure chez les wallon-ne-s

Pour la 5ème année consécutive, l’IWEPS a publié en 2016 son enquête phare, le Baromètre social de la Wallonie, et en a profité pour débuter des modules spécifiques dont la première thématique porte sur les discriminations, avec un premier focus consacré au genre.

Si les résultats ne nous paraissent forcément pas étonnants, cette enquête, réalisée auprès de 1410 individus de 18 ans et plus, objective toute une série de constats sur l’importance et surtout la ténacité des discriminations et stéréotypes liés au genre dans notre société, et n’est pas sans révéler quelques contradictions dans les opinions des Wallon-ne-s… Voici quelques enseignements tirés du dossier de l’IWEPS, disponible ici : http://www.iweps.be/sites/default/files/bsw2016_dossier_de_presse_final.pdf#page=13

 

Tout d’abord, d’un point de vue global, les Wallon-ne-s considèrent à :

              91% que l’égalité des droits entre femmes et hommes est « une caractéristique essentielle dans une démocratie », mais que les discriminations liées au sexe sont jugées « plutôt rares » (71%), apparaissant loin derrière les discriminations liées à l’origine ethnique ou à l’apparence physique.

Ces résultats correspondent à une moyenne européenne.

 

Ensuite, on constate une différence significative chez les répondants hommes et femmes :

              20% des femmes interrogées déclarent avoir subi une ou plusieurs discrimination(s) (le plus souvent liée à leur sexe) dans les 12 derniers mois, contre 12% des hommes (le plus souvent à cause de leur origine ethnique ou de leur âge).

              11% des hommes ne se sentent pas traités de façon égale par rapport au sexe opposé, contre 18% des femmes.

De plus,

              48% des wallon-ne-s disent avoir été témoins de « propos à connotation sexuelle » ;

              34% ont été témoins d’une « situation où la carrière professionnelle d’une femme était freinée parce qu’elle avait des enfants » ;

              et 22% ont été témoins d’une situation où « la femme ne retrouve pas son emploi ou un emploi similaire à son retour de congé de maternité ».

Beaucoup d’hommes se retrouvent dans ces pourcentages, bien que les femmes se disent statiquement davantage témoins de discriminations liées à leur parentalité ou leur vie familiale que les hommes.

 

Enfin, les auteurs de l’enquête relèvent également l’important poids des stéréotypes dans les mentalités, renvoyant très justement le cadre légal à « une condition nécessaire, jamais suffisante ». Ainsi :

              83% des Wallon-ne-s estiment « qu’avoir un emploi est la meilleure façon pour une femme d’être indépendante ».

Cependant, dans le même temps :

              38% considèrent que « pour une femme, la vie professionnelle doit être moins importante que la famille » ;

              58% estiment que la vie de famille souffre d’une femme travaillant à temps plein ;

              22% déclarent que la carrière d’un homme passe avant celle de sa femme ;

              39% considèrent que la priorité doit être donnée aux hommes si les emplois deviennent rares ;

              et 54% pensent que « les femmes savent mieux s’occuper des enfants et des personnes âgées ».

Autrement dit, si les Wallon-ne-s sont très majoritairement favorables à l’égalité entre les femmes et les hommes, et estiment que les unes sont aussi compétentes professionnellement que les autres, ils et elles n’en considèrent pas moins que les femmes restent les plus « naturellement » à même de s’occuper des enfants, de la famille, légitimant ainsi une série de situations inégalitaires sur le marché de l’emploi et dans la sphère privée.

Pour conclure, la précision est importante : les chiffres montrent que les femmes interrogées répercutent autant, voire plus que les hommes, les différents stéréotypes liés au genre !

 

Autant dire que la lutte contre les stéréotypes de genre est loin d’être gagnée, et qu’elle reste essentielle.

Merci à l’IWEPS pour son travail et la prise en compte de la dimension de genre dans ses analyses.

 

Actualité

Réactions au cours de philosophie « anti-avortement » à l’UCL

Le 14 mars, notre association reçoit, par une connaissance inscrite en 1er BAC Sciences politiques à l’UCL, des notes de leur cours de philosophie. Il s’agit d’un texte de 15 pages, présenté oralement au cours par Stéphane Mercier, chargé de cours invité (il remplace l’enseignante titulaire, en année sabbatique) et docteur en philosophie de l’UCL. Bien que de nombreux étudiants manifestent actuellement leur soutien à l’enseignant sur les réseaux sociaux, le cours a interpellé voire profondément choqué une partie de l’auditoire.

Le texte, intitulé « La philosophie pour la vie. Contre un prétendu « droit de choisir » l’avortement », est ouvertement orienté vers la présentation d’une position pro-life, destinée à « permettre le débat ».

Nous avons lu ce texte : son contenu ainsi que son prétendu ancrage « philosophique » nous ont scandalisé. Le temps de lire et de le partager auprès d’autres associations afin de réfléchir à une réaction, l’information est révélée sur les réseaux sociaux, le 21 mars, par une journaliste ayant également reçu le texte par un autre canal. Elle poste un extrait (lié à une comparaison douteuse avec le viol) en s’indignant et se demandant si le texte est bien réel.

Voyant l’ampleur que l’affaire peut prendre (la journaliste dénombre 18.000 abonnés sur son compte Twitter et la nouvelle va se répandre très vite), nous répondons sur Twitter que le texte est bien réel et que nous sommes occupés à travailler à une réaction. Cela explique que les médias nous ont rapidement sollicité pour intervenir, notamment dans les journaux télévisés.

L’UCL réagit rapidement à ce buzz médiatique du jour et communique une courte réaction, condamnant clairement les propos tenus dans le texte en question, réaffirmant leur soutien au droit à l’avortement, et signalant convoquer l’enseignant pour mieux comprendre le contexte et ses intentions.

 

L’affaire a pris beaucoup d’ampleur et les réactions s’enchaînent sur Internet, entre les personnes s’indignant de tels propos et celles hurlant à la censure et à une dictature de la bienpensance qui empêcherait le prof d’exprimer un avis n’allant pas dans le sens du « politiquement correct ». On parle assez peu du fait que ce n’est pas tant l’opinion qui choque mais le fait qu’elle soit proférée d’une telle façon dans le cadre d’un cours universitaire en philosophie, pour des étudiant-e-s de 1ère année.

Un journal parvient à joindre l’enseignant qui réaffirme ses propos et convictions, signalant avoir voulu pousser les élèves à réfléchir par eux-mêmes, à se forger une opinion grâce à une position qu’ils n’ont pas l’habitude d’entendre.

 

Notre réaction – construite grâce à la lecture du texte et de certaines notes de cours, ainsi que des enregistrements du cours oral, transmis par des étudiant-e-s – s’effectue à trois niveaux. À nos yeux, ceux-ci doivent absolument être pris en compte dans les débats sur cette affaire, trop vite réduite à une question de liberté d’expression.

 

1. Divergence d’opinions

 

L’auteur du texte est opposé à la pratique de l’avortement, pour différentes raisons, dont le droit à la vie du fœtus, qu’il considère comme un être humain. Nous ne partageons pas son opinion première car nous revendiquons le droit pour les femmes de disposer de leur propre corps et donc le droit de recourir à l’avortement. Actuellement, bien que le législateur reconnaisse la possibilité d’un recours à l’avortement sous certaines conditions, les associations féministes revendiquent par ailleurs une dépénalisation de l’IVG.

À ce niveau, nos opinions sont divergentes mais chacun-e a le droit à son opinion, et est par ailleurs libre d’estimer que la législation actuelle n’est pas satisfaisante. Toutes les parties sont également libres d’être en désaccord les unes avec les autres, de contester ou revendiquer une opinion.

 

2. Argumentation méprisante et culpabilisante

 

Dans le cas présent, nous n’acceptons pas et condamnons vivement la manière dont cette opinion est argumentée. Il ne s’agit pas seulement d’une opinion contraire à la nôtre. En effet, elle est formulée de façon méprisante, culpabilisante envers les femmes et comporte des arguments très douteux, voire scandaleux.

 

La prémisse avancée par l’enseignant est qu’« il est toujours moralement mauvais de tuer délibérément un innocent » (p. 3). Il considère le fœtus comme une personne à part entière et que la vie humaine commence au moment où le spermatozoïde haploïde rencontre l’ovocyte haploïde, formant une nouvelle entité unique : l’embryon diploïde. De ce fait (avec un raisonnement qui tient la route dans l’absolu), il estime donc que l’avortement est un « meurtre », consistant à « tuer délibérément une personne innocente » (p. 4), visiblement sans possibilité (selon lui) de nuancer cette qualification. En outre, « nier l’humanité de cet embryon […] relève du mensonge le plus grossier » (p. 6).

 

L’enseignant soutient régulièrement, oralement et/ou par écrit, que son objectif est de « permettre le débat », qu’il faut veiller « à ne pas culpabiliser les femmes » qui peuvent vivre des situations terriblement éprouvantes dans le cas d’une grossesse non désirée, et que l’interdiction du débat d’idées « est un procédé typiquement totalitaire » (p. 2). Pourtant, il semble éprouver des difficultés à suivre ses propres préceptes puisqu’il se montre clairement et régulièrement méprisant et culpabilisant envers les personnes développant des arguments contraires.

Par exemple, par une comparaison loufoque entre la viabilité d’un fœtus de douze semaines et sa propre viabilité s’il se retrouvait parachuté dans une jungle (!), il déclare qu’il « est important de comprendre à quel point l’argument soi-disant massue de la viabilité est ridicule et inopérant » (p. 5). D’autre part, il estime remarquable que « tant de gens ne voient pas à quelles monstrueuses absurdités les conduirait la logique de leur raisonnement, s’ils acceptaient d’être cohérent » (p. 7).

Enfin, l’enseignant estime qu’il est incontestablement mauvais de tuer un enfant, qu’il soit un embryon de quelques semaines ou âgé de cinq ans, et ce « dans tous les cas. Comme le viol » (p. 7). En effet, il va jusqu’à considérer que l’avortement est un acte « particulièrement abject », car il consiste à tuer un innocent sans défense, et qu’il est à ce titre « encore plus grave que le viol » (p. 8). Car oui, le viol est « immoral » et « détestable », mais « le meurtre délibéré d’un innocent est une chose encore plus condamnable moralement » (p. 8), et devrait donc l’être aussi juridiquement.

Dans l’enregistrement du cours oral, lors des questions et réponses qui ont suivi l’exposé ex cathedra, une étudiante se dit choquée de tels propos, ne comprenant pas qu’on puisse à ce point, et de cette manière, hiérarchiser les souffrances : « ne pensez-vous pas qu’une femme violée peut ressentir une immense souffrance, même si elle n’en est pas morte ? » Réponse de l’enseignant : « Mais au moins, elle est en vie ! Le fœtus n’a eu cette chance ». Autant dire que la réponse n’a guère semblé convaincre la personne ayant posé la question.

 

D’une manière générale, la place de la femme dans l’histoire est très minime. L’enseignant dit comprendre les souffrances dues à la grossesse non désirée, mais ne lui reconnaît visiblement que le droit d’être malheureuse. À l’argument que la femme a le droit de disposer de son propre corps, il répond : « D’abord, ce n’est pas votre corps, mais c’est quelqu’un dans votre corps » (p. 13) ; il y a certes « un lien privilégié » entre les deux, mais ils restent visiblement tout à fait distincts.

La législation est également peu abordée, si ce n’est indirectement en signalant, par exemple, qu’avec l’avortement, « le meurtre est permis chez nous […] et même remboursé par la mutuelle alors que le simple vol à la tire est condamné » (p. 8).

 

Abject, ridicule, monstrueux, totalitaire, mensonger, pire que le viol… Voilà les qualificatifs associés à celles et ceux qui, non pas soutiennent l’avortement comme une bonne solution voire un bon mode de contraception, mais soutiennent le droit des femmes à opter pour cette solution, sachant très bien que l’immense majorité des femmes ayant volontairement interrompu leur grossesse ont vécu un épisode extrêmement douloureux psychologiquement, voire physiquement, et que cette solution représentait pour elles la « moins pire ». Selon lui toutefois, la « très grande majorité des cas » d’avortement se feraient « par simple commodité » (p. 13).

C’est donc cela, permettre le débat et éviter d’être culpabilisant ?

 

3. Indigne d’un cours universitaire de philosophie

 

Après la divergence d’opinions et notre analyse d’une argumentation méprisante et culpabilisante, notre troisième niveau de réaction concerne le contexte, inacceptable à nos yeux, de la diffusion de cette prise de position et de cette argumentation scandaleuse. Est-il normal que ce texte soit présenté, qui plus est avec une telle méthode d’argumentation, au sein d’un « cours de philosophie » dispensé à des étudiant-e-s de 1ère année dans une université belge ?

Précisons également que, si ce cours est bien donné à des étudiant-e-s en 1ère année d’ingénieur civil, comme tenait visiblement l’UCL à le répéter, il est également dispensé auprès d’étudiant-e-s de 1ère année en sciences politiques, sciences humaines et sociologie-anthropologie. Est-ce comme cela que l’on forme à l’esprit critique ces futurs travailleurs, dont certains occuperont peut-être des postes à responsabilités, par exemple dans des cabinets ministériels ou des administrations dans le cas des politologues ? Est-ce vraiment de cette manière que l’on enseigne la philosophie à des étudiant-e-s de 18 ans ?

 

Dès le départ, et il le répète à plusieurs reprises dans le texte comme à l’oral ou dans la presse, l’enseignant signale qu’il va présenter un argument philosophique différent du discours ambiant sur l’avortement, et que cet argument n’est pas neutre. À sa manière, il dit vouloir faire entendre autre chose (son propre avis) aux étudiant-e-s pour favoriser le débat d’idées et sortir de la confiscation de celui-ci. En effet, il considère que les partisans du choix « anesthésient le débat » et que tout cela est bien regrettable. Pour l’instant, la démarche n’est pas banale mais l’analyse des enjeux entourant les discours dominants ainsi que le fait de relativiser la neutralité d’un enseignant apparaissent stimulant-e-s dans le cadre d’une formation à la philosophie.

Cependant, comme nous l’avons vu plus haut, ses intentions affichées ne sont guère respectées, puisqu’il déclare dans la foulée que son argumentaire « implique un rejet absolu de tout prétendu « droit » à l’avortement avec lequel on ne cesse de nous rebattre les oreilles » (p. 2). Il déclarait également dans son introduction que son argumentation allait « aider à réfléchir et tâcher de dégager la vérité sur une question grave » (p. 1). Comment peut-on qualifier de philosophique un tel raisonnement visant à « dégager la vérité », en présentant de manière clairement partisane une position tout en disqualifiant de manière très douteuse certains arguments d’une position contraire ?

Son raisonnement concernant le moment où l’on devient une personne à part entière (l’embryon diploïde) est cohérent et logique, bien que l’on puisse ne pas tout à fait le partager. De ce point de vue, on peut imaginer la tenue d’un débat d’idées puisqu’il est possible de lui opposer un autre raisonnement pouvant être également logique et cohérent. Néanmoins, il tient clairement son argumentation pour acquise, unique et définitive, éliminant comme par magie les arguments opposés.

En outre, il use et abuse de comparaisons étonnantes et érige des exemples, certes très plausibles, en preuves irréfutables de son raisonnement. Une jeune femme écrit une lettre ouverte à sa mère, la remerciant de l’avoir mise au monde malgré le viol dont elle est issue. Ce bonheur de vivre malgré les circonstances, voilà une preuve des méfaits de l’avortement ! Un professeur de biologie expose à ses étudiants, depuis trente ans, un embryon conservé de douze semaines ; une femme se présente un jour à lui pour le remercier : sa mère a assisté à son cours alors qu’elle était enceinte, et à la vue du fœtus, « elle a compris que c’était bien une personne humaine » (p. 14) et a donc décidé de ne pas avorter, contrairement à son idée première. Une nouvelle preuve de la dimension meurtrière de l’avortement ! Ce que l’enseignant oublie toutefois de souligner dans son exemple est que la femme en question, en décidant de garder l’enfant, a effectué…un choix.

 

Il nous apparaît étonnant que ce cours puisse se prétendre être un enseignement philosophique qui ouvre à la réflexion, au débat d’idées, à l’échange de points de vue. En se considérant comme le détenteur de la vérité (« J’ai longuement développé un argument simple qui établit de manière très claire et directe que l’avortement est le meurtre d’un être humain, d’une personne innocente », p. 9), en établissant des arguments très bancals (« je suis assez certain que […] je suis « non viable » dans un environnement comme la jungle », p. 5), ce chargé de cours se présente de façon étonnante comme enseignant des réflexions philosophiques.

Sa conclusion est d’ailleurs sans appel : « si jamais un seul de ceux qui n’avaient jamais sérieusement envisagé la question de la gravité de l’avortement, victimes d’une culture de mort qui nie la réalité du crime que constitue cet attentat contre la personne humaine, si jamais un seul de ceux qui prennent connaissance de cet argumentaire, après avoir réfléchi à tout ce qui vient d’être dit, renonce un jour à avorter, ou qu’il dissuade quelqu’un d’avorter, je me dis que mon travail a du sens » (p. 14).

 

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De nombreuses questions restent dès lors sans véritable réponse. Comment peut-on prétendre qu’un tel cours représente un apprentissage de débat philosophique ? C’est aussi de cela qu’il s’agit : nous sommes dans une université, pas à une conférence présentant un point de vue sur l’avortement, ni au Grand Séminaire où ce docteur en philosophie intervient par ailleurs.

L’UCL peut difficilement contrôler les notes de tous les cours de toutes les facultés (et on pourrait aussi s’en estimer heureux), mais qui a décidé de nommer ce chargé de cours en remplacement de la professeure titulaire ? Par ailleurs, comment compte-t-il procéder à l’évaluation des étudiant-e-s ? Ceux-ci n’auraient-ils pas, à raison, à craindre de se voir sanctionnés lors de l’examen s’ils se disent en désaccord avec sa doctrine ? Comment cet enseignant peut-il évaluer quelqu’un qui tenterait de raisonner d’une manière différente, exprimant par là des avis ou raisonnements automatiquement « ridicules », « inopérants », « mensongers » ?

Quelle que soit la position de cet enseignant sur l’avortement, les autres professeurs de philosophie peuvent-ils cautionner ce type d’enseignement ? Tout discours, sans aucune exception, peut-il être prononcé dans un cours universitaire de philosophie, dans l’objectif de « faire réfléchir » ? L’université n’a-t-elle dès lors plus besoin d’hommes et de femmes disposant d’une formation solide, d’une expérience de recherche – l’enseignant concerné possède a priori un curriculum adéquat, mais il semble avant tout se reposer sur son opinion personnelle, sa liberté d’expression – et d’une rigueur scientifique ?

 

Au vu de l’ensemble de ces considérations, il nous semble bel et bien que cette affaire ne se limite absolument pas à des questions d’opinions, de liberté d’expression ou encore de censure. Un cours de philosophie où l’on discute de la question épineuse de l’avortement ? Très bien ! Où l’on discute de la morale, des opinions prétendues légitimes ou illégitimes, de la censure, de la difficulté pour certains de faire entendre leur voix parce qu’elle ne correspond pas aux normes en vigueur ? Parfait !

Sauf qu’ici, ce n’est pas le cas. Loin de là.

 

Actualité Communiqué officiel Europe

50 ans plus tard…

Les femmes actives gagnent toujours 21 % de moins que les hommes sur une base annuelle. Et ce, 50 ans après l’article 119 du Traité de Rome qui a pourtant consacré l’égalité salariale. Entre l’ « Equal Pay Day» et la Journée mondiale des droits des femmes, nous, organisations féminines réclamons le respect strict de la loi sur l’Ecart salarial et une vigilance renforcée contre les inégalités et discriminations.

Entre février et avril, un peu partout dans le monde, des organisations de femmes et de travailleuses « célèbrent » l’« Equal Pay Day » (Journée de l’égalité salariale), dont la date est calculée en fonction de l’écart salarial, variable d’un pays à l’autre (16 %, en moyenne en Europe). Jusque-là, c’est un peu comme si les femmes avaient travaillé « gratuitement » et commençaient seulement à être rémunérées.

Il est en outre important de faire la distinction entre l’écart sur la base des salaires horaires bruts moyens et celui sur la base des salaires annuels bruts moyens. Ainsi, selon le rapport 2016 sur l’écart salarial [1] :

  • L’écart salarial est de 8% sur une base horaire en Belgique. 47,4% seraient dus à des facteurs objectivement observés: secteur d’activité, type de contrat de travail, niveau d’éducation,… 52,6% de cet écart restent inexpliqués et peuvent être la conséquence d’une discrimination.
  • En salaire annuel, l’écart salarial est de 21%. Il résulte en particulier de la répartition inégale de la durée du travail entre hommes et femmes : le travail à temps partiel est beaucoup plus répandu chez les femmes (9% des hommes contre 44% des femmes[2]).

Cette réalité différente faisait pourtant écrire à Arnaud Dorsimont, assistant en économie à l’Université Saint-Louis à Bruxelles, le 9 janvier dernier, dans la rubrique Débats de La Libre Belgique, «les différences salariales sont souvent interprétées comme une discrimination sexiste, mais les données économiques montrent que d’autres éléments entrent en jeu. » Lesquelles ? « Les femmes investissent, de manière voulue ou subie, moins de temps sur le marché du travail, poursuivait Dorsimont. (…). Plus que la discrimination sexuelle arbitraire, ce sont ces différences d’investissement en capital humain qui expliquent pour partie les différences salariales entre hommes et femmes».

En cette Journée mondiale des femmes, nous organisations de femmes considérons ces propos maladroits et rappelons que la tendance continue à la réduction des écarts salariaux reste trop lente. Ainsi, l’écart salarial sur une base horaire a diminué ces dernières années de 11% (en 2008) à 8 %. Mais l’écart salarial en base annuelle stagne ou régresse encore plus lentement (23% en 2008). Cela témoigne d’une vision stéréotypée d’une société incapable de s’organiser de façon à donner aux hommes et aux femmes les mêmes chances d’exercer un job correspondant à leurs aspirations et compétences.

En premier lieu, les femmes subissent une double ségrégation sur le marché du travail. D’abord, la « ségrégation horizontale » : elles sont plus fréquemment occupées dans des professions moins valorisables, dans de plus petites entreprises, avec des conditions contractuelles plus précaires, etc.

Ensuite, les femmes subissent une « ségrégation verticale » : elles ont moins accès aux formations et aux promotions et donc aux fonctions de niveau supérieur : selon les bilans sociaux et rapports d’entreprises publiés par la Banque nationale de Belgique, les employeurs investissent 40 % de moins dans la formation des femmes.

Les écarts de salaires se creusent encore avec les avantages extralégaux[3] – voitures de fonction, pensions complémentaires, options sur actions,… – lesquels sont plutôt octroyés dans des secteurs majoritairement masculins. En englobant les avantages extra-salariaux dans le calcul, l’écart salarial sur une base annuelle atteint 27%[4].

La durée du travail, le temps partiel ont également une incidence importante sur l’écart salarial. D’une part, évidemment, parce que les travailleurs travaillent moins d’heures; d’autre part, parce que les emplois à temps partiel sont offerts dans des secteurs fortement féminisés (agences de voyage, restauration, activités immobilières, etc.) à salaires plus faibles. Soulignons également que les conditions de travail des femmes à temps partiel font appel à des régimes de flexibilité accrue de réforme en réforme [5], de non reconnaissance des heures supplémentaires et donc de refus des majorations de salaires qui vont de pair.

Enfin, il est à relever certaines caractéristiques personnelles. L’écart salarial sur une base horaire se creuse à partir de 35 ans, âge où le salaire des femmes commence à stagner. Le fait d’avoir des enfants influence négativement le salaire des femmes, alors que pour les hommes, le fait d’être en couple et père de famille influence positivement le salaire.

Tout ceci n’aurait-il rien à voir avec le sexisme ? Le monde du travail n’y échappe en tout cas pas. Selon le Baromètre social consacré à la discrimination liée au genre, réalisé en 2016 par l’IWEPS (Institut wallon de l’étude, la prospective et la statistique), près d’1 citoyen actif sur 2 déclare avoir été témoin un jour de blagues ou propos à connotation sexuelle et même encore un tiers, d’une situation où la carrière professionnelle d’une femme a été freinée parce qu’elle avait des enfants.

Conclusion de l’IWEPS : « certaines inégalités entre les femmes et les hommes reposent en réalité sur des représentations stéréotypées fortement ancrées chez certains citoyens ». Les nier ne permettra jamais de s’attaquer aux racines du problème ni de mettre en place les mesures qui s’imposent, du choix des études au développement des crèches, en passant par la lutte contre les discriminations. Ce qui nécessiterait, d’abord, le respect strict de la loi relative à la lutte contre l’écart salarial du 22 avril 2012 (modifiée le 13 juillet 2013) afin d’avoir une transparence totale sur la formation des salaires, voire la rédaction et la mise en place d’un véritable Plan d’action national de lutte contre l’écart salarial, porté par l’ensemble des niveaux de pouvoir, comme c’est le cas pour le Plan d’action national de lutte contre les violences faites aux femmes.

 

Dorothée Klein, présidente des femmes cdH, et Donatienne Portugaels, vice-présidente.

Magdeleine Willame, présidente du Conseil de l’Egalité des chances entre les hommes et les femmes

Reine Marcelis, présidente de Synergie Wallonie.

Daisy Herman, secrétaire générale de ACRF-Femmes en milieu rural.

Dominique Devos, présidente du Comité de liaison des femmes

Isabella Lenarduzzi, directrice de JUMP

Hafida Bachir, présidente de Vie féminine

Marcela de la Peña Valdivia, coordinatrice de la Marche mondiale de femmes (Belgique)

 

 

[1] Etabli annuellement par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH), le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, le Bureau du Plan et le SPF Economie , chiffres 2013.

[2] Source : Statbel, »Enquête sur les forces de travail »pp .

[3] Voir Avis du Comité de liaison des Femmes sur l’Egalité de rémunérations entre hommes et femmes ; mai 2006

[4] Etude de SD Worx, citée dans “Les femmes ont très peu de voitures de société”, Le Soir, 25 juin 2015.

[5] Voir la loi sur le travail faisable et maniable récemment votée ( février 2017 )et l’avis 151 du Conseil de l’ Egalite entre les hommes et les femmes du 9 décembre 2016 (lien vers le site )

 

 

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