Actualité Parlement FWB Travail parlementaire

Parlement de la FWB – #2 Commission Droits des femmes et égalité des chances

Séance du 9 mai 2017

 

Compte-rendu intégral officiel à lire sur : http://www.pfwb.be/le-travail-du-parlement/doc-et-pub/documents-parlementaires-et-decrets/documents/001556453

 

 

  1. Question d’Hélène Ryckmans (Ecolo) : « Campagne « Fifty-Fifty » et EVRAS »

 

La Fédération des Centres de planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes a lancé une campagne (« Fifty-Fifty ») pour sensibiliser les jeunes au fait que la contraception doit être l’affaire des deux partenaires (visant en particulier la responsabilité masculine). Par ailleurs, Ecolo a soumis au Parlement une proposition de « Pass contraception ». Que compte faire le gouvernement pour relayer cela ?

D’autre part, la députée s’inquiète de la présence du groupe catholique « Croissance » dans les écoles concernant l’EVRAS (Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle).

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

La ministre soutient la campagne « Fifty-Fifty », financièrement à hauteur de 2000 € et en favorisant sa diffusion. D’autres campagnes de sensibilisation sont d’ailleurs prévues en 2017, entre autres via les Centres PMS.

Concernant l’EVRAS, elle souhaite vivement éviter la diffusion de messages prosélytes par les différents prestataires de ce dispositif. Un label contraignant à cet égard est en cours de discussion au sein des gouvernements compétents.

 

 

  1. Question de Clotilde Leal-Lopez (CDH) : « Politique étrangère de la Belgique et droits des femmes »

 

Si la diplomatie multilatérale et le dialogue avec des pays aux valeurs très différentes sont essentiels, la députée s’interroge sur le récent vote quasi automatique pour l’entrée de l’Arabie Saoudite dans la Commission de la condition des femmes à l’ONU. Quelle est la position de la ministre ? Faut-il mettre sur pied une conférence interministérielle sur les enjeux relatifs aux droits des femmes et améliorer la concertation entre les gouvernements du pays ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

La concertation avec les entités fédérées n’est malheureusement pas requise et la décision relève uniquement du ministère des Affaires étrangères. La ministre désapprouve fermement le vote et le message qu’envoie l’entrée de l’Arabie Saoudite dans cette commission. De plus, elle souligne que le ministre a justifié ce choix en lien avec une position sur les ventes d’armes, ce qui, à ses yeux, est significatif de l’intérêt porté par le gouvernement fédéral aux droits humains en général, et aux droits des femmes et des filles en particulier.

Mme Simonis a demandé à son cabinet de rédiger un courrier à l’intention du Premier ministre pour qu’il mette en place une conférence interministérielle sur les droits des femmes dans le pays et à l’étranger.

 

 

  1. Question de Laetitia Brogniez (MR) : « Difficultés des femmes séparées ou divorcées »

 

D’après la Ligue des Familles, 40% des parents (majoritairement des femmes !) ayant droit à une contribution alimentaire ne la reçoivent pas dans les conditions prévues. Outre l’aspect financier, certains ex-conjoints (majoritairement des hommes) n’assument pas non plus leurs responsabilités, par exemple en matière d’éducation. Que sont les actions menées ou aides spécifiques proposées par le gouvernement de la FWB dans ce domaine, que ce soit en matière de sports, d’enseignement ou de culture ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

Effectivement, les inégalités entre femmes et hommes sont également flagrantes dans ce domaine. La FWB possède peu de leviers directs mais y porte une attention importante, par exemple à travers le projet de plan transversal de lutte contre les inégalités et la pauvreté. D’autres dispositifs sont déjà en place, comme la participation financière progressive selon les revenus dans les milieux d’accueil subventionnés de la petite enfance, ou encore les systèmes d’allocation de bourses d’études. Cependant, il est également essentiel, selon la ministre, de s’interroger sur la flexibilisation à outrance du travail, la réforme des pensions ou la sécurité sociale…

 

 

  1. Question de Déborah Géradon (PS) : « Promotion de l’accès des femmes au sein des conseils d’administration et concept du programme de mentoring »

 

La députée met en avant le travail de l’association Women on Board, qui soutient et promeut l’accès des femmes aux conseils d’administration des entreprises privées et publiques, par exemple grâce à la création d’une base de données. Récemment, Women on Board a initié le reverse mentoring, qui consiste à former des binômes féminins composés d’une femme directrice ou CEO et d’une jeune personne à la recherche d’une expérience de haut niveau. Que pense la FWB de ce genre d’initiatives et comment peut-elle les soutenir ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

Toutes les initiatives visant à une meilleure représentation des femmes dans les entreprises sont bénéfiques. La loi sur les quotas de genre dans les CA dispose d’ailleurs d’un bilan encourageant. À la suite de l’assemblée Alter-Egales de 2015 consacrée à l’égalité professionnelle, des recommandations avaient été émises, dont la mise en évidence d’exemples féminins de success-stories. La FWB a notamment soutenu l’association Engender pour un projet de sensibilisation à la parité et la mixité à destination des conseils d’administration du secteur associatif, ainsi que la publication du guide « Égalité, mixité et associations ». Cependant, des initiatives au niveau régional seraient également les bienvenues.

 

 

  1. Question de Clotilde Leal-Lopez (CDH) : « Conclusions du colloque sur le proxénétisme »

 

Un colloque sur la lutte contre le proxénétisme s’est tenu à Liège, rassemblant le monde judiciaire et les travailleurs sociaux. Quelles sont les conclusions et recommandations qui en découlent ? Quels rapprochements peut-on effectuer avec l’étude similaire commanditée par la FWB ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

La lutte contre les violences faites aux femmes est cruciale pour le ministère des Droits des femmes. Dans le thème que vous évoquez, il s’agit en effet de proxénètes (surtout des hommes) qui exploitent des personnes prostituées (surtout des femmes). Le colloque a été riche en enseignements. D’abord, la complexité du phénomène est à nouveau apparue. Ensuite, il est ressorti d’une analyse livrée par le CFFB, que la prostitution a des ramifications avec le crime organisé en Europe. Enfin, l’accent a été mis sur les coûts économiques et sociaux de la prostitution pour la société.

La ministre rappelle également qu’un projet de sensibilisation sur la prostitution étudiante est programmé à la rentrée prochaine.

 

 

Actualité Parlement FWB Travail parlementaire

Parlement de la FWB – Commission Droits des femmes et égalité des chances

 

Séance du mardi 25 avril 2017

 

Compte-rendu intégral officiel à lire sur : http://www.pfwb.be/le-travail-du-parlement/agenda-des-activites-parlementaires/001553550

 

 

  1. Question de Laetitia Brogniez (MR) sur « l’image de la femme dans les défilés de mode »

 

Les femmes mannequins sont très souvent minces, voire très maigres, et l’image de la femme renvoyée au public ne correspond absolument pas à la réalité et n’est pas positive pour les femmes en général.

Selon la députée, la France s’est dotée d’une loi obligeant les agences de mannequin à fournir des attestations de bonne santé, basées sur l’indice de masse corporelle. Qu’en est-il en Fédération Wallonie-Bruxelles ? Comment améliorer l’image de la femme, et cela peut-il passer par une légifération ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

La ministre partage les constats et l’inquiétude de la députée. Les représentations féminines dans le milieu de la mode ont des répercussions négatives sur l’image de la femme ainsi que sur la santé de ces mannequins que l’on érige en modèle pour le public. Elle s’étonne également que ces mêmes critères (les créateurs veulent des filles maigres car leurs vêtements « tombent » mieux sur elles) ne s’appliquent pas aux mannequins masculins !

Une loi permettant de limiter la diffusion des images sexiste est souhaitable, mais dans le cas de la mode, c’est le gouvernement fédéral qui est compétent en la matière. Les compétences de la FWB se « limitent » à la sensibilisation aux stéréotypes de genre, dans une logique de prévention. Par exemple, un décret sur les concours de beauté pour enfants a été approuvé récemment par le gouvernement de la FWB.

 

 

  1. Question de Clotilde Leal-Lopez (CDH) sur l’« état des lieux du plan intrafrancophone sur les violences envers les femmes »

Ce plan de lutte contre le harcèlement de rue, les violences conjugales ou encore les mutilations génitales a été adopté en 2015. Depuis lors, quelles mesures sont en application grâce à ce plan ? Où en sont les formations des professionnels annoncées ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

La ministre distingue quatre axes des mesures en cours ou déjà réalisées :

–          Renforcement de la formation initiale et continue des professionnels. Des groupes de travail ont été constitués pour les enseignements supérieur et de promotion sociale. La ministre a également proposé d’intégrer la problématique des violences sexistes et familiales dans les formations des enseignants.

–          Un groupe de travail réunissant des professionnels des secteurs de l’Aide à la Jeunesse, de l’Enseignement, de l’ONE et des Maisons de Justice a été mis sur pied pour désigner des personnes référentes pour les violences de genre, pour ensuite élaborer des programmes de formation.

–          Campagnes de sensibilisation. La campagne du « Journal de Marie » sur les violences conjugales a eu lieu en 2016 et a été relancée pour 2017, favorisant la visibilité du numéro vert consacré aux violences conjugales. Par ailleurs, une autre ligne téléphonique gratuite pour les violences sexuelles, gérée par SOS Viol, a été mise en place avec la collaboration de Rachid Madrane, ministre des Sports.

–          Une étude sur la violence dans les relations amoureuses chez les jeunes est en projet. Une autre étude sur les expériences de femmes et d’hommes face à la violence devait également voir le jour mais est compromise, selon la ministre, par les coupes budgétaires opérées par le gouvernement fédéral.

 

 

  1. Question d’Yves Evrard (MR) sur un « phénomène méconnu : les femmes sans-abri »

 

Intervention suite à la parution d’un article dans Le Vif : 78% des personnes sans-abri sont des hommes, contre 22% de femmes, mais ces chiffres seraient sous-évalués. Quel pourrait être l’action de la FWB à ce sujet ? Par ailleurs, en 2011, la FWB avait soutenu une étude portant sur ce public. Des recommandations ont-elles suivi ? Les professionnels sont-ils formés aux spécificités de ce public ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

Effectivement, les femmes adoptent comme stratégie de survie une posture « masculine » qui les rend moins « visibles », plus discrètes dans l’ensemble des personnes sans-abri. La FWB n’est pas compétente pour agir directement là-dessus mais elle dispose de certains leviers, comme par exemple le plan intrafrancophone de lutte contre les violences.

Par ailleurs, la plateforme « Alter Égales » s’était penchée en 2015 sur l’égalité au travail, en montrant notamment les facteurs produisant un risque de paupérisation : travail à temps partiel, quotient conjugal en fiscalité, interruptions de carrière, écart salarial, etc. Des recommandations ont été formulées aux différents gouvernements du pays en matières d’autonomie financière individuelle ou encore d’équilibre entre les temps professionnel, familial, personnel et social. Cependant, les mesures prises par le gouvernement fédéral vont, selon la ministre, dans le sens contraire de ces recommandations…

 

Réaction d’Yves Evrard (MR) :

Désigner le gouvernement fédéral et les mesures d’austérité comme seuls coupables est une erreur, selon le député. Il souhaiterait que davantage d’actions concrètes soient entreprises envers ce public, même s’il convient que le champ d’action de la FWB reste limité.

 

 

  1. Question de Laetitia Brogniez (MR) sur « les femmes et le travail agricole »

 

Malgré la création d’un statut de conjoint-aidant il y a quelques années, le travail des femmes dans le milieu agricole souffre d’un manque de reconnaissance, qu’elles participent à la gestion de l’exploitation agricole partiellement ou à part entière. Comment la ministre peut-elle valoriser la fonction et le travail des agricultrices ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

L’emploi des femmes et les inégalités au travail font évidemment partie des missions du ministère des Droits des femmes. Pour rappel, l’assemblée des droits des femmes en 2015 s’était consacrée à l’égalité au travail, et la plateforme « Alter Égales » comporte en son sein plusieurs réseaux de femmes entrepreneures, ainsi que l’association Femmes en Milieu Rural.

Par ailleurs, cette thématique relève de l’Emploi et de l’Agriculture. De ce fait, la ministre déclare se concentrer principalement sur les missions de prévention et de sensibilisation aux stéréotypes qui orientent les carrières professionnelles des filles et des garçons. Plusieurs projets sont en cours à ce sujet, comme la sensibilisation aux enseignants des stéréotypes sexistes dans les manuels scolaires.

 

 

  1. Question de Laetitia Brogniez (MR) sur l’« homophobie dans le monde du sport »

 

Selon un récent sondage de la BBC, 8% des amateurs de football arrêteraient de regarder un match si elles savaient que l’un des joueurs est homosexuel. Ce sondage est très interpellant et la sensibilisation à la lutte contre l’homophobie semble difficile dans les milieux sportifs. Des chiffres sont-ils disponibles pour différents sports ? Des contacts existent-ils avec le ministre des Sports pour réaliser des actions coordonnées ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

L’homophobie constitue effectivement l’une des expressions, avec le racisme, du rejet de la différence, dans le sport comme ailleurs. Elle a néanmoins la particularité d’être plus tolérée sous prétexte de « plaisanterie ». « Les femmes connaissent bien cela aussi ! », rajoute la ministre.

La campagne « Eh toi, t’es casé-e ? » a été initiée pour sensibiliser les jeunes de 12 à 25 ans, ainsi que les professionnels encadrants de l’enseignement, de la jeunesse et des sports à la lutte contre les stéréotypes et les discriminations, notamment concernant le genre et l’orientation sexuelle. Rachid Madrane, le ministre des Sports, y a activement participé pour le volet sportif. De nombreux supports (site Internet, spots TV, page Facebook, guide pédagogique…) ont été largement diffusés et fort demandés par les professionnels.

 

Actualité Travail parlementaire

Parlement Wallon – Commission pour l’égalité des chances entre les femmes et les hommes

Séance du jeudi 30 mars 2017

 

Compte-rendu intégral officiel à lire sur http://nautilus.parlement-wallon.be/Archives/2016_2017/CRIC/cric147.pdf 

 

Audition sur l’entrepreneuriat féminin

 

Exposé de Loubna Azghoud, coordinatrice de la plateforme « Women in Business », complété suite à des questions de Virginie Defrang-Firket (MR) et Clotilde Leal Lopez (CDH)

 

Women in Business (WiB) fait partie d’Impulse, l’Agence bruxelloise pour l’entreprise, sous la tutelle du ministère de l’Économie. C’est une plateforme rassemblant une vingtaine de partenaires (Credal AFFA, Bruxelles Pionnières, les réseau Diane et Femmes Actives en Réseau, Interface 3, Wonder Women…) spécialisés dans la sensibilisation des femmes, l’accompagnement à la réalisation du projet entrepreneurial, la formation et le réseautage.

Les missions de WiB sont de stimuler la création d’entreprises et d’emplois par les femmes, et d’améliorer la visibilité de « l’écosystème » lié à l’entrepreneuriat féminin. Il est dès lors possible, pour une femme désireuse de lancer son activité, d’obtenir un accompagnement, de prendre place dans un réseau professionnel, de suivre une formation…

Il n’existe pas d’équivalent à Women in Business en Wallonie, à savoir une plateforme (structure publique) qui n’accompagne pas directement les femmes mais qui les oriente vers des structures adaptées et centralise les informations pour qu’elles soient plus accessibles.

Un baromètre de l’entrepreneuriat féminin à Bruxelles est publié par leurs soins tous les deux ans.

 

L’entrepreneuse bruxelloise type a moins de 35 ans, est diplômée de l’enseignement supérieur, n’a jamais eu d’activité entrepreneuriale avant, est basée à Uccle ou Woluwe-Saint-Lambert et travaille dans le secteur des services ou du paramédical. Cela signifie que peu de femmes entrepreneures sont présentes à Molenbeek ou Anderlecht, ainsi que dans les secteurs de l’industrie ou du numérique.

11% des start-up belges sont créées par des femmes, la moyenne européenne étant de 15%.

 

Plusieurs freins sont identifiés dans l’entrepreneuriat féminin :

  • Le partage inégal des tâches ménagères
  • Le manque de visibilité, les businessman étant souvent préféré par les médias à la businesswoman
  • L’accès au financement, résultant d’un manque d’accompagnement et de formation, notamment dû à des stéréotypes sexués partiellement intégrés par les femmes elles-mêmes dans leur parcours de vie
  • Les compétences en matière de nouvelles technologies
  • Le manque de réseau, lié aux freins précédents

 

Les femmes sont beaucoup moins présentes au niveau des nouvelles technologies, tant dans le milieu professionnel que dans les formations actuelles. Le projet Women in Tech a été créé pour tenter d’y remédier, soutenir les femmes dans les projets TIC.

 

Les constats formulés par Mme Azghoud sont assez négatifs, mais cela ne l’empêche pas de souligner les opportunités positives et de se battre pour que les femmes prennent la place qui leur revient – la même que les hommes, tout simplement ! – au sein du secteur économique.

WiB a été créée en 2014 et l’évaluation de son impact n’est pas encore évidente. Néanmoins, l’engouement est présent à chaque événement organisé : les entrepreneuses y sont de plus en plus nombreuses et l’impact médiatique est croissant.

Le nombre d’indépendantes complémentaires est en hausse, mais il semblerait qu’il ne s’agisse pas que d’une motivation financière. Souvent, d’après l’intervenante, les femmes entreprennent avant tout, davantage que les hommes, pour « se réaliser », s’épanouir.

Pour Loubna Azghoud, il est très important de montrer des modèles féminins, et mettre la visibilité sur des réussites d’entrepreneuriat féminin fait clairement partie de leur mission.

 

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Actualité Communiqué officiel

Communiqué : solidarité contre l’apartheid sexuel aux Jeux Olympiques

APPEL

Paris candidat à l’organisation des JO 2024

SOLIDARITE CONTRE L’APARTHEID SEXUEL IMPOSE AUX FEMMES

EN ARABIE SAOUDITE ET EN IRAN !

Partons, en délégation, soutenir les associations françaises

au départ de Bruxelles

inscrivez-vous ici :
https://www.eventbrite.com/e/jo-solidarite-contre-lapartheid-sexuel-tickets-34144920376

ou 

RDV le 15 mai 11h30 au siège du CNOSF

(Comité National Olympique Français),

1 avenue Pierre de Coubertin, Paris 13ème

Nous remettrons au président du CNOSF une lettre et un « cadeau » symbolisant le mépris de l’Iran et l’Arabie Saoudite pour les principes universels inscrits dans la Charte Olympique qui interdit toute forme de discrimination y compris de sexe.

                           

Ces deux pays – qui sont les deux seuls au monde à interdire l’accès des stades aux femmes – n’ont donc plus leur place aux Jeux Olympiques. Comme ils n’ont pas non plus leur place à la Commission du Statut des Femmes des Nations-Unies, où pourtant l’Arabie Saoudite vient d’être élue, rejoignant ainsi l’Iran parmi les 45 pays membres élus !

 

L’Afrique du Sud a été interdite de JO pendant 30 ans pour cause d’apartheid racial.

L’apartheid sexuel doit être condamné avec la même fermeté.

 

Les parisiennes et les parisiens doivent s’en souvenir.

 

Organisations Solidaires :

Ligue du Droit International des Femmes,

Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes  (regroupant 65 associations en France),

le SNEP-FSU (Syndicat National d’Education Physique),

les VigilantEs,

les femmes sans voile d’Aubervilliers

le Mouvement « Let Iranian Women enter their stadiums »,

Synergie Wallonie pour l’Egalité entre les Femmes et les Hommes asbl,

Nous espérons pouvoir compter sur votre présence !

Actualité Compte-rendu Stéréotypes

Enquête de l’IWEPS : les stéréotypes de genre ont la peau dure chez les wallon-ne-s

Pour la 5ème année consécutive, l’IWEPS a publié en 2016 son enquête phare, le Baromètre social de la Wallonie, et en a profité pour débuter des modules spécifiques dont la première thématique porte sur les discriminations, avec un premier focus consacré au genre.

Si les résultats ne nous paraissent forcément pas étonnants, cette enquête, réalisée auprès de 1410 individus de 18 ans et plus, objective toute une série de constats sur l’importance et surtout la ténacité des discriminations et stéréotypes liés au genre dans notre société, et n’est pas sans révéler quelques contradictions dans les opinions des Wallon-ne-s… Voici quelques enseignements tirés du dossier de l’IWEPS, disponible ici : http://www.iweps.be/sites/default/files/bsw2016_dossier_de_presse_final.pdf#page=13

 

Tout d’abord, d’un point de vue global, les Wallon-ne-s considèrent à :

              91% que l’égalité des droits entre femmes et hommes est « une caractéristique essentielle dans une démocratie », mais que les discriminations liées au sexe sont jugées « plutôt rares » (71%), apparaissant loin derrière les discriminations liées à l’origine ethnique ou à l’apparence physique.

Ces résultats correspondent à une moyenne européenne.

 

Ensuite, on constate une différence significative chez les répondants hommes et femmes :

              20% des femmes interrogées déclarent avoir subi une ou plusieurs discrimination(s) (le plus souvent liée à leur sexe) dans les 12 derniers mois, contre 12% des hommes (le plus souvent à cause de leur origine ethnique ou de leur âge).

              11% des hommes ne se sentent pas traités de façon égale par rapport au sexe opposé, contre 18% des femmes.

De plus,

              48% des wallon-ne-s disent avoir été témoins de « propos à connotation sexuelle » ;

              34% ont été témoins d’une « situation où la carrière professionnelle d’une femme était freinée parce qu’elle avait des enfants » ;

              et 22% ont été témoins d’une situation où « la femme ne retrouve pas son emploi ou un emploi similaire à son retour de congé de maternité ».

Beaucoup d’hommes se retrouvent dans ces pourcentages, bien que les femmes se disent statiquement davantage témoins de discriminations liées à leur parentalité ou leur vie familiale que les hommes.

 

Enfin, les auteurs de l’enquête relèvent également l’important poids des stéréotypes dans les mentalités, renvoyant très justement le cadre légal à « une condition nécessaire, jamais suffisante ». Ainsi :

              83% des Wallon-ne-s estiment « qu’avoir un emploi est la meilleure façon pour une femme d’être indépendante ».

Cependant, dans le même temps :

              38% considèrent que « pour une femme, la vie professionnelle doit être moins importante que la famille » ;

              58% estiment que la vie de famille souffre d’une femme travaillant à temps plein ;

              22% déclarent que la carrière d’un homme passe avant celle de sa femme ;

              39% considèrent que la priorité doit être donnée aux hommes si les emplois deviennent rares ;

              et 54% pensent que « les femmes savent mieux s’occuper des enfants et des personnes âgées ».

Autrement dit, si les Wallon-ne-s sont très majoritairement favorables à l’égalité entre les femmes et les hommes, et estiment que les unes sont aussi compétentes professionnellement que les autres, ils et elles n’en considèrent pas moins que les femmes restent les plus « naturellement » à même de s’occuper des enfants, de la famille, légitimant ainsi une série de situations inégalitaires sur le marché de l’emploi et dans la sphère privée.

Pour conclure, la précision est importante : les chiffres montrent que les femmes interrogées répercutent autant, voire plus que les hommes, les différents stéréotypes liés au genre !

 

Autant dire que la lutte contre les stéréotypes de genre est loin d’être gagnée, et qu’elle reste essentielle.

Merci à l’IWEPS pour son travail et la prise en compte de la dimension de genre dans ses analyses.

 

Actualité

Réactions au cours de philosophie « anti-avortement » à l’UCL

Le 14 mars, notre association reçoit, par une connaissance inscrite en 1er BAC Sciences politiques à l’UCL, des notes de leur cours de philosophie. Il s’agit d’un texte de 15 pages, présenté oralement au cours par Stéphane Mercier, chargé de cours invité (il remplace l’enseignante titulaire, en année sabbatique) et docteur en philosophie de l’UCL. Bien que de nombreux étudiants manifestent actuellement leur soutien à l’enseignant sur les réseaux sociaux, le cours a interpellé voire profondément choqué une partie de l’auditoire.

Le texte, intitulé « La philosophie pour la vie. Contre un prétendu « droit de choisir » l’avortement », est ouvertement orienté vers la présentation d’une position pro-life, destinée à « permettre le débat ».

Nous avons lu ce texte : son contenu ainsi que son prétendu ancrage « philosophique » nous ont scandalisé. Le temps de lire et de le partager auprès d’autres associations afin de réfléchir à une réaction, l’information est révélée sur les réseaux sociaux, le 21 mars, par une journaliste ayant également reçu le texte par un autre canal. Elle poste un extrait (lié à une comparaison douteuse avec le viol) en s’indignant et se demandant si le texte est bien réel.

Voyant l’ampleur que l’affaire peut prendre (la journaliste dénombre 18.000 abonnés sur son compte Twitter et la nouvelle va se répandre très vite), nous répondons sur Twitter que le texte est bien réel et que nous sommes occupés à travailler à une réaction. Cela explique que les médias nous ont rapidement sollicité pour intervenir, notamment dans les journaux télévisés.

L’UCL réagit rapidement à ce buzz médiatique du jour et communique une courte réaction, condamnant clairement les propos tenus dans le texte en question, réaffirmant leur soutien au droit à l’avortement, et signalant convoquer l’enseignant pour mieux comprendre le contexte et ses intentions.

 

L’affaire a pris beaucoup d’ampleur et les réactions s’enchaînent sur Internet, entre les personnes s’indignant de tels propos et celles hurlant à la censure et à une dictature de la bienpensance qui empêcherait le prof d’exprimer un avis n’allant pas dans le sens du « politiquement correct ». On parle assez peu du fait que ce n’est pas tant l’opinion qui choque mais le fait qu’elle soit proférée d’une telle façon dans le cadre d’un cours universitaire en philosophie, pour des étudiant-e-s de 1ère année.

Un journal parvient à joindre l’enseignant qui réaffirme ses propos et convictions, signalant avoir voulu pousser les élèves à réfléchir par eux-mêmes, à se forger une opinion grâce à une position qu’ils n’ont pas l’habitude d’entendre.

 

Notre réaction – construite grâce à la lecture du texte et de certaines notes de cours, ainsi que des enregistrements du cours oral, transmis par des étudiant-e-s – s’effectue à trois niveaux. À nos yeux, ceux-ci doivent absolument être pris en compte dans les débats sur cette affaire, trop vite réduite à une question de liberté d’expression.

 

1. Divergence d’opinions

 

L’auteur du texte est opposé à la pratique de l’avortement, pour différentes raisons, dont le droit à la vie du fœtus, qu’il considère comme un être humain. Nous ne partageons pas son opinion première car nous revendiquons le droit pour les femmes de disposer de leur propre corps et donc le droit de recourir à l’avortement. Actuellement, bien que le législateur reconnaisse la possibilité d’un recours à l’avortement sous certaines conditions, les associations féministes revendiquent par ailleurs une dépénalisation de l’IVG.

À ce niveau, nos opinions sont divergentes mais chacun-e a le droit à son opinion, et est par ailleurs libre d’estimer que la législation actuelle n’est pas satisfaisante. Toutes les parties sont également libres d’être en désaccord les unes avec les autres, de contester ou revendiquer une opinion.

 

2. Argumentation méprisante et culpabilisante

 

Dans le cas présent, nous n’acceptons pas et condamnons vivement la manière dont cette opinion est argumentée. Il ne s’agit pas seulement d’une opinion contraire à la nôtre. En effet, elle est formulée de façon méprisante, culpabilisante envers les femmes et comporte des arguments très douteux, voire scandaleux.

 

La prémisse avancée par l’enseignant est qu’« il est toujours moralement mauvais de tuer délibérément un innocent » (p. 3). Il considère le fœtus comme une personne à part entière et que la vie humaine commence au moment où le spermatozoïde haploïde rencontre l’ovocyte haploïde, formant une nouvelle entité unique : l’embryon diploïde. De ce fait (avec un raisonnement qui tient la route dans l’absolu), il estime donc que l’avortement est un « meurtre », consistant à « tuer délibérément une personne innocente » (p. 4), visiblement sans possibilité (selon lui) de nuancer cette qualification. En outre, « nier l’humanité de cet embryon […] relève du mensonge le plus grossier » (p. 6).

 

L’enseignant soutient régulièrement, oralement et/ou par écrit, que son objectif est de « permettre le débat », qu’il faut veiller « à ne pas culpabiliser les femmes » qui peuvent vivre des situations terriblement éprouvantes dans le cas d’une grossesse non désirée, et que l’interdiction du débat d’idées « est un procédé typiquement totalitaire » (p. 2). Pourtant, il semble éprouver des difficultés à suivre ses propres préceptes puisqu’il se montre clairement et régulièrement méprisant et culpabilisant envers les personnes développant des arguments contraires.

Par exemple, par une comparaison loufoque entre la viabilité d’un fœtus de douze semaines et sa propre viabilité s’il se retrouvait parachuté dans une jungle (!), il déclare qu’il « est important de comprendre à quel point l’argument soi-disant massue de la viabilité est ridicule et inopérant » (p. 5). D’autre part, il estime remarquable que « tant de gens ne voient pas à quelles monstrueuses absurdités les conduirait la logique de leur raisonnement, s’ils acceptaient d’être cohérent » (p. 7).

Enfin, l’enseignant estime qu’il est incontestablement mauvais de tuer un enfant, qu’il soit un embryon de quelques semaines ou âgé de cinq ans, et ce « dans tous les cas. Comme le viol » (p. 7). En effet, il va jusqu’à considérer que l’avortement est un acte « particulièrement abject », car il consiste à tuer un innocent sans défense, et qu’il est à ce titre « encore plus grave que le viol » (p. 8). Car oui, le viol est « immoral » et « détestable », mais « le meurtre délibéré d’un innocent est une chose encore plus condamnable moralement » (p. 8), et devrait donc l’être aussi juridiquement.

Dans l’enregistrement du cours oral, lors des questions et réponses qui ont suivi l’exposé ex cathedra, une étudiante se dit choquée de tels propos, ne comprenant pas qu’on puisse à ce point, et de cette manière, hiérarchiser les souffrances : « ne pensez-vous pas qu’une femme violée peut ressentir une immense souffrance, même si elle n’en est pas morte ? » Réponse de l’enseignant : « Mais au moins, elle est en vie ! Le fœtus n’a eu cette chance ». Autant dire que la réponse n’a guère semblé convaincre la personne ayant posé la question.

 

D’une manière générale, la place de la femme dans l’histoire est très minime. L’enseignant dit comprendre les souffrances dues à la grossesse non désirée, mais ne lui reconnaît visiblement que le droit d’être malheureuse. À l’argument que la femme a le droit de disposer de son propre corps, il répond : « D’abord, ce n’est pas votre corps, mais c’est quelqu’un dans votre corps » (p. 13) ; il y a certes « un lien privilégié » entre les deux, mais ils restent visiblement tout à fait distincts.

La législation est également peu abordée, si ce n’est indirectement en signalant, par exemple, qu’avec l’avortement, « le meurtre est permis chez nous […] et même remboursé par la mutuelle alors que le simple vol à la tire est condamné » (p. 8).

 

Abject, ridicule, monstrueux, totalitaire, mensonger, pire que le viol… Voilà les qualificatifs associés à celles et ceux qui, non pas soutiennent l’avortement comme une bonne solution voire un bon mode de contraception, mais soutiennent le droit des femmes à opter pour cette solution, sachant très bien que l’immense majorité des femmes ayant volontairement interrompu leur grossesse ont vécu un épisode extrêmement douloureux psychologiquement, voire physiquement, et que cette solution représentait pour elles la « moins pire ». Selon lui toutefois, la « très grande majorité des cas » d’avortement se feraient « par simple commodité » (p. 13).

C’est donc cela, permettre le débat et éviter d’être culpabilisant ?

 

3. Indigne d’un cours universitaire de philosophie

 

Après la divergence d’opinions et notre analyse d’une argumentation méprisante et culpabilisante, notre troisième niveau de réaction concerne le contexte, inacceptable à nos yeux, de la diffusion de cette prise de position et de cette argumentation scandaleuse. Est-il normal que ce texte soit présenté, qui plus est avec une telle méthode d’argumentation, au sein d’un « cours de philosophie » dispensé à des étudiant-e-s de 1ère année dans une université belge ?

Précisons également que, si ce cours est bien donné à des étudiant-e-s en 1ère année d’ingénieur civil, comme tenait visiblement l’UCL à le répéter, il est également dispensé auprès d’étudiant-e-s de 1ère année en sciences politiques, sciences humaines et sociologie-anthropologie. Est-ce comme cela que l’on forme à l’esprit critique ces futurs travailleurs, dont certains occuperont peut-être des postes à responsabilités, par exemple dans des cabinets ministériels ou des administrations dans le cas des politologues ? Est-ce vraiment de cette manière que l’on enseigne la philosophie à des étudiant-e-s de 18 ans ?

 

Dès le départ, et il le répète à plusieurs reprises dans le texte comme à l’oral ou dans la presse, l’enseignant signale qu’il va présenter un argument philosophique différent du discours ambiant sur l’avortement, et que cet argument n’est pas neutre. À sa manière, il dit vouloir faire entendre autre chose (son propre avis) aux étudiant-e-s pour favoriser le débat d’idées et sortir de la confiscation de celui-ci. En effet, il considère que les partisans du choix « anesthésient le débat » et que tout cela est bien regrettable. Pour l’instant, la démarche n’est pas banale mais l’analyse des enjeux entourant les discours dominants ainsi que le fait de relativiser la neutralité d’un enseignant apparaissent stimulant-e-s dans le cadre d’une formation à la philosophie.

Cependant, comme nous l’avons vu plus haut, ses intentions affichées ne sont guère respectées, puisqu’il déclare dans la foulée que son argumentaire « implique un rejet absolu de tout prétendu « droit » à l’avortement avec lequel on ne cesse de nous rebattre les oreilles » (p. 2). Il déclarait également dans son introduction que son argumentation allait « aider à réfléchir et tâcher de dégager la vérité sur une question grave » (p. 1). Comment peut-on qualifier de philosophique un tel raisonnement visant à « dégager la vérité », en présentant de manière clairement partisane une position tout en disqualifiant de manière très douteuse certains arguments d’une position contraire ?

Son raisonnement concernant le moment où l’on devient une personne à part entière (l’embryon diploïde) est cohérent et logique, bien que l’on puisse ne pas tout à fait le partager. De ce point de vue, on peut imaginer la tenue d’un débat d’idées puisqu’il est possible de lui opposer un autre raisonnement pouvant être également logique et cohérent. Néanmoins, il tient clairement son argumentation pour acquise, unique et définitive, éliminant comme par magie les arguments opposés.

En outre, il use et abuse de comparaisons étonnantes et érige des exemples, certes très plausibles, en preuves irréfutables de son raisonnement. Une jeune femme écrit une lettre ouverte à sa mère, la remerciant de l’avoir mise au monde malgré le viol dont elle est issue. Ce bonheur de vivre malgré les circonstances, voilà une preuve des méfaits de l’avortement ! Un professeur de biologie expose à ses étudiants, depuis trente ans, un embryon conservé de douze semaines ; une femme se présente un jour à lui pour le remercier : sa mère a assisté à son cours alors qu’elle était enceinte, et à la vue du fœtus, « elle a compris que c’était bien une personne humaine » (p. 14) et a donc décidé de ne pas avorter, contrairement à son idée première. Une nouvelle preuve de la dimension meurtrière de l’avortement ! Ce que l’enseignant oublie toutefois de souligner dans son exemple est que la femme en question, en décidant de garder l’enfant, a effectué…un choix.

 

Il nous apparaît étonnant que ce cours puisse se prétendre être un enseignement philosophique qui ouvre à la réflexion, au débat d’idées, à l’échange de points de vue. En se considérant comme le détenteur de la vérité (« J’ai longuement développé un argument simple qui établit de manière très claire et directe que l’avortement est le meurtre d’un être humain, d’une personne innocente », p. 9), en établissant des arguments très bancals (« je suis assez certain que […] je suis « non viable » dans un environnement comme la jungle », p. 5), ce chargé de cours se présente de façon étonnante comme enseignant des réflexions philosophiques.

Sa conclusion est d’ailleurs sans appel : « si jamais un seul de ceux qui n’avaient jamais sérieusement envisagé la question de la gravité de l’avortement, victimes d’une culture de mort qui nie la réalité du crime que constitue cet attentat contre la personne humaine, si jamais un seul de ceux qui prennent connaissance de cet argumentaire, après avoir réfléchi à tout ce qui vient d’être dit, renonce un jour à avorter, ou qu’il dissuade quelqu’un d’avorter, je me dis que mon travail a du sens » (p. 14).

 

*    *    *

 

De nombreuses questions restent dès lors sans véritable réponse. Comment peut-on prétendre qu’un tel cours représente un apprentissage de débat philosophique ? C’est aussi de cela qu’il s’agit : nous sommes dans une université, pas à une conférence présentant un point de vue sur l’avortement, ni au Grand Séminaire où ce docteur en philosophie intervient par ailleurs.

L’UCL peut difficilement contrôler les notes de tous les cours de toutes les facultés (et on pourrait aussi s’en estimer heureux), mais qui a décidé de nommer ce chargé de cours en remplacement de la professeure titulaire ? Par ailleurs, comment compte-t-il procéder à l’évaluation des étudiant-e-s ? Ceux-ci n’auraient-ils pas, à raison, à craindre de se voir sanctionnés lors de l’examen s’ils se disent en désaccord avec sa doctrine ? Comment cet enseignant peut-il évaluer quelqu’un qui tenterait de raisonner d’une manière différente, exprimant par là des avis ou raisonnements automatiquement « ridicules », « inopérants », « mensongers » ?

Quelle que soit la position de cet enseignant sur l’avortement, les autres professeurs de philosophie peuvent-ils cautionner ce type d’enseignement ? Tout discours, sans aucune exception, peut-il être prononcé dans un cours universitaire de philosophie, dans l’objectif de « faire réfléchir » ? L’université n’a-t-elle dès lors plus besoin d’hommes et de femmes disposant d’une formation solide, d’une expérience de recherche – l’enseignant concerné possède a priori un curriculum adéquat, mais il semble avant tout se reposer sur son opinion personnelle, sa liberté d’expression – et d’une rigueur scientifique ?

 

Au vu de l’ensemble de ces considérations, il nous semble bel et bien que cette affaire ne se limite absolument pas à des questions d’opinions, de liberté d’expression ou encore de censure. Un cours de philosophie où l’on discute de la question épineuse de l’avortement ? Très bien ! Où l’on discute de la morale, des opinions prétendues légitimes ou illégitimes, de la censure, de la difficulté pour certains de faire entendre leur voix parce qu’elle ne correspond pas aux normes en vigueur ? Parfait !

Sauf qu’ici, ce n’est pas le cas. Loin de là.

 

Actualité Communiqué officiel Europe

50 ans plus tard…

Les femmes actives gagnent toujours 21 % de moins que les hommes sur une base annuelle. Et ce, 50 ans après l’article 119 du Traité de Rome qui a pourtant consacré l’égalité salariale. Entre l’ « Equal Pay Day» et la Journée mondiale des droits des femmes, nous, organisations féminines réclamons le respect strict de la loi sur l’Ecart salarial et une vigilance renforcée contre les inégalités et discriminations.

Entre février et avril, un peu partout dans le monde, des organisations de femmes et de travailleuses « célèbrent » l’« Equal Pay Day » (Journée de l’égalité salariale), dont la date est calculée en fonction de l’écart salarial, variable d’un pays à l’autre (16 %, en moyenne en Europe). Jusque-là, c’est un peu comme si les femmes avaient travaillé « gratuitement » et commençaient seulement à être rémunérées.

Il est en outre important de faire la distinction entre l’écart sur la base des salaires horaires bruts moyens et celui sur la base des salaires annuels bruts moyens. Ainsi, selon le rapport 2016 sur l’écart salarial [1] :

  • L’écart salarial est de 8% sur une base horaire en Belgique. 47,4% seraient dus à des facteurs objectivement observés: secteur d’activité, type de contrat de travail, niveau d’éducation,… 52,6% de cet écart restent inexpliqués et peuvent être la conséquence d’une discrimination.
  • En salaire annuel, l’écart salarial est de 21%. Il résulte en particulier de la répartition inégale de la durée du travail entre hommes et femmes : le travail à temps partiel est beaucoup plus répandu chez les femmes (9% des hommes contre 44% des femmes[2]).

Cette réalité différente faisait pourtant écrire à Arnaud Dorsimont, assistant en économie à l’Université Saint-Louis à Bruxelles, le 9 janvier dernier, dans la rubrique Débats de La Libre Belgique, «les différences salariales sont souvent interprétées comme une discrimination sexiste, mais les données économiques montrent que d’autres éléments entrent en jeu. » Lesquelles ? « Les femmes investissent, de manière voulue ou subie, moins de temps sur le marché du travail, poursuivait Dorsimont. (…). Plus que la discrimination sexuelle arbitraire, ce sont ces différences d’investissement en capital humain qui expliquent pour partie les différences salariales entre hommes et femmes».

En cette Journée mondiale des femmes, nous organisations de femmes considérons ces propos maladroits et rappelons que la tendance continue à la réduction des écarts salariaux reste trop lente. Ainsi, l’écart salarial sur une base horaire a diminué ces dernières années de 11% (en 2008) à 8 %. Mais l’écart salarial en base annuelle stagne ou régresse encore plus lentement (23% en 2008). Cela témoigne d’une vision stéréotypée d’une société incapable de s’organiser de façon à donner aux hommes et aux femmes les mêmes chances d’exercer un job correspondant à leurs aspirations et compétences.

En premier lieu, les femmes subissent une double ségrégation sur le marché du travail. D’abord, la « ségrégation horizontale » : elles sont plus fréquemment occupées dans des professions moins valorisables, dans de plus petites entreprises, avec des conditions contractuelles plus précaires, etc.

Ensuite, les femmes subissent une « ségrégation verticale » : elles ont moins accès aux formations et aux promotions et donc aux fonctions de niveau supérieur : selon les bilans sociaux et rapports d’entreprises publiés par la Banque nationale de Belgique, les employeurs investissent 40 % de moins dans la formation des femmes.

Les écarts de salaires se creusent encore avec les avantages extralégaux[3] – voitures de fonction, pensions complémentaires, options sur actions,… – lesquels sont plutôt octroyés dans des secteurs majoritairement masculins. En englobant les avantages extra-salariaux dans le calcul, l’écart salarial sur une base annuelle atteint 27%[4].

La durée du travail, le temps partiel ont également une incidence importante sur l’écart salarial. D’une part, évidemment, parce que les travailleurs travaillent moins d’heures; d’autre part, parce que les emplois à temps partiel sont offerts dans des secteurs fortement féminisés (agences de voyage, restauration, activités immobilières, etc.) à salaires plus faibles. Soulignons également que les conditions de travail des femmes à temps partiel font appel à des régimes de flexibilité accrue de réforme en réforme [5], de non reconnaissance des heures supplémentaires et donc de refus des majorations de salaires qui vont de pair.

Enfin, il est à relever certaines caractéristiques personnelles. L’écart salarial sur une base horaire se creuse à partir de 35 ans, âge où le salaire des femmes commence à stagner. Le fait d’avoir des enfants influence négativement le salaire des femmes, alors que pour les hommes, le fait d’être en couple et père de famille influence positivement le salaire.

Tout ceci n’aurait-il rien à voir avec le sexisme ? Le monde du travail n’y échappe en tout cas pas. Selon le Baromètre social consacré à la discrimination liée au genre, réalisé en 2016 par l’IWEPS (Institut wallon de l’étude, la prospective et la statistique), près d’1 citoyen actif sur 2 déclare avoir été témoin un jour de blagues ou propos à connotation sexuelle et même encore un tiers, d’une situation où la carrière professionnelle d’une femme a été freinée parce qu’elle avait des enfants.

Conclusion de l’IWEPS : « certaines inégalités entre les femmes et les hommes reposent en réalité sur des représentations stéréotypées fortement ancrées chez certains citoyens ». Les nier ne permettra jamais de s’attaquer aux racines du problème ni de mettre en place les mesures qui s’imposent, du choix des études au développement des crèches, en passant par la lutte contre les discriminations. Ce qui nécessiterait, d’abord, le respect strict de la loi relative à la lutte contre l’écart salarial du 22 avril 2012 (modifiée le 13 juillet 2013) afin d’avoir une transparence totale sur la formation des salaires, voire la rédaction et la mise en place d’un véritable Plan d’action national de lutte contre l’écart salarial, porté par l’ensemble des niveaux de pouvoir, comme c’est le cas pour le Plan d’action national de lutte contre les violences faites aux femmes.

 

Dorothée Klein, présidente des femmes cdH, et Donatienne Portugaels, vice-présidente.

Magdeleine Willame, présidente du Conseil de l’Egalité des chances entre les hommes et les femmes

Reine Marcelis, présidente de Synergie Wallonie.

Daisy Herman, secrétaire générale de ACRF-Femmes en milieu rural.

Dominique Devos, présidente du Comité de liaison des femmes

Isabella Lenarduzzi, directrice de JUMP

Hafida Bachir, présidente de Vie féminine

Marcela de la Peña Valdivia, coordinatrice de la Marche mondiale de femmes (Belgique)

 

 

[1] Etabli annuellement par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH), le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, le Bureau du Plan et le SPF Economie , chiffres 2013.

[2] Source : Statbel, »Enquête sur les forces de travail »pp .

[3] Voir Avis du Comité de liaison des Femmes sur l’Egalité de rémunérations entre hommes et femmes ; mai 2006

[4] Etude de SD Worx, citée dans “Les femmes ont très peu de voitures de société”, Le Soir, 25 juin 2015.

[5] Voir la loi sur le travail faisable et maniable récemment votée ( février 2017 )et l’avis 151 du Conseil de l’ Egalite entre les hommes et les femmes du 9 décembre 2016 (lien vers le site )

 

 

Actualité

Belle reconnaissance par l’ONU pour Marie-Anne Delahaut, lauréate 2016 du prix Anne-Marie Lizin – Théroigne de Méricourt

 

Nous sommes heureuses de vous annoncer que l’ONU Femmes a sélectionné et publié la déclaration proposée par l’Institut Destrée et de la Fondation Millennia2025 Femmes & Innovation pour la CSW61 :

http://www.unwomen.org/en/csw/csw61-2017/official-documents (#130).

 

Le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) publie le document suivant (E/CN.6/2017/NGO/130): 

 

Dans le cadre de la Soixante et unième session de la Commission de la condition de la femme qui se tiendra au Siège des Nations Unies à New York du 13 au 24 mars 2017 sur le thème prioritaire « L’autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en pleine évolution », de la suite donnée à la quatrième Conférence mondiale sur les femmes et à la vingt-troisième session extraordinaire de l’Assemblée générale intitulée « Les femmes en l’an 2000 : égalité entre les sexes, développement et paix pour le XXIe siècle », le Secrétaire général des Nations Unies a reçu la Déclaration présentée par l’Institut Jules-Destrée, organisation non gouvernementale dotée du statut consultatif auprès du Conseil économique et social.

 

Déclaration : « Ensemble pour l’égalité » et « Millennia2025 Femmes pourl’innovation » (She4Innovation) pour le leadership économique des femmes » :

 

1. Mise en contexte avec l’ouvrage « Ensemble pour l’égalité ! » de Marie-Anne Delahaut, préfacé par Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO;

 

2. Groupe de travail international « Millennia2025 Femmes pour l’Innovation » (She4Innovation), créé en janvier 2016 avec Leena-Maija Laurén, relie quatre axes stratégiques de Millennia2025 et quatre Objectifs de Développement durable avec quatre mots clés : EducationEgalitéJustice, pour aboutir à une évidence, l’impérieuse nécessité du Leadership économique pour les femmes;

 

3. Invitation à participer à l’enquête prospective qui fait interagir les quatre mots clés;

 

4. Présentation de l’enquête et les liens utiles.

=> FR : http://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=E/CN.6/2017/NGO/130&referer=http://www.unwomen.org/en/csw/csw61-2017/official-documents&Lang=F

 

Beaucoup parmi vous y ont déjà participé mais nous accueillons aussi de nombreux nouveaux membres : votre participation renforcera notre action et les résultats que nous publierons dans le cadre de la CSW61. Merci et bienvenue !

Actualité Europe

COMMUNIQUE À L’ATTENTION DES DÉPUTÉ-E-S EUROPÉEN-NE-S

Madame la Députée,

Monsieur le Député,

 

Nous avons été alertés, notamment par la COFACE, que le Parlement Européen sera appelé à voter, aujourd’hui 19 janvier 2017, sur ce rapport « European Pillar of Social Rights », abordant des problématiques essentielles sur la conciliation entre vie privée et vie professionnelle, ainsi que sur l’égalité entre les femmes et les hommes.

 

Il apparaît que des amendements proposés viseraient à freiner l’adoption d’initiatives législatives, contrairement aux engagements en la matière pris par le Parlement en septembre dernier.

 

Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes, parallèlement à d’autres organismes partageant nos valeurs, appelle les députés européens à poursuivre leurs engagements initiaux et à faire de la conciliation vie privée/vie professionnelle une véritable priorité des activités parlementaires européennes. Cette problématique doit absolument faire l’objet d’un engagement fort et cohérent, afin de peser réellement sur la qualité de vie des citoyen-ne-s européen-ne-s.

 

Notre association travaille depuis plusieurs années sur la promotion et la mise en œuvre de « politiques temporelles », visant à prendre en compte l’articulation des temps sociaux, des rythmes de vie des individus dans l’action publique. En d’autres termes, il s’agit de concilier la vie privée et la vie professionnelle en tenant compte de la complexité des temps de vie au quotidien (travail, famille, déplacements, loisirs, participation politique et citoyenne…), dont l’analyse révèle par ailleurs de lourdes inégalités de genre. Un rapport de recherche vient d’être publié par nos soins sur le sujet.

En outre, le Conseil de l’Europe a lui-même formulé une recommandation, en 2010, lors du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux. Il y est fait mention de la possibilité de voir émerger dans le futur un « droit au temps » pour les citoyens européens au sein de politiques transversales, et invitant les États membres à soutenir ces initiatives.

 

Tant la conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle que l’égalité entre les femmes et les hommes constituent des enjeux essentiels pour les citoyen-ne-s européen-ne-s. Il est du devoir de nos élu-e-s d’agir le plus concrètement et fermement possible et de montrer à celles et ceux dont ils sont les représentant-e-s que l’Europe se soucie réellement de leur bien-être.

 

Reine Marcelis

Présidente

 

Communiqué envoyé le 19 janvier 2017 aux députés belges francophones

 

Actualité Politiques temporelles

C’est la rentrée ! Épisode 4/4 : nos projets pour 2017

Pour clôturer ces actualités de rentrée, il ne nous reste plus qu’à vous faire part de nos projets et objectifs pour cette nouvelle année 2017, qui sera plus que jamais consacrée aux politiques « temporelles », que nous promouvons ardemment depuis quelques temps déjà.

 

Tout d’abord, comme signalé en début de semaine, nous travaillons actuellement à la rédaction des Actes du colloque des Temporelles 2016 et les publierons dès que possible.

Plus tard dans ce premier semestre, nous envisageons de publier une brochure consacrée aux politiques temporelles, un document à destination du grand public donnant un aperçu direct et concret des possibilités offertes par ces politiques, tant dans l’amélioration de la qualité de vie des citoyen-ne-s que dans le travail sur l’égalité entre les femmes et les hommes.

Rappelons également notre séminaire en partenariat avec le CFFB, le 21 février à Bruxelles. D’autres évènements/conférences pourraient bien suivre durant l’année !

 

Ensuite, nous allons prochainement relancer notre newsletter, avec des articles thématiques, des partages d’expérience de politiques locales, des compte-rendu, des statistiques, des références bibliographiques, des réactions à l’actu, des focus sur des universitaires…

Le temps et l’égalité F/H étant des thèmes transversaux, au même titre que la participation citoyenne et la cohésion sociale, nous aborderons aussi bien l’organisation du travail et la petite enfance que la mobilité, l’urbanisme, la vie nocturne, ou encore les rythmes scolaires et le numérique.

 

Enfin, et non des moindres, nous collaborerons le plus étroitement possible avec des villes et communes se lançant dans la démarche « temporelle » et la mise en œuvre de politiques concrètes. Nous débutons actuellement avec la Ville de Verviers et l’échevine Sophie Lambert, et espérons construire une expérience positive qui en appellera d’autres, afin que la prise en compte des temps de vie, dans une approche résolument féministe, devienne une réelle priorité politique transversale.

Nous sommes également en discussion avec plusieurs communes de la Région bruxelloise, affaire à suivre…

 

Une année 2017 que nous souhaitons belle et fructueuse pour chacun-e !

 

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