Parlement de la FWB – #4 Commission Droits des femmes et égalité des chances

 

Séance du 06 juin 2017

 

Compte-rendu intégral officiel à lire sur : http://www.pfwb.be/le-travail-du-parlement/agenda-des-activites-parlementaires/001559695

 

  1. Question d’Yves Evrard (MR) : « Égalité des sexes dans les médias »

 

La VRT impose un quota d’hommes et de femmes dans leur contrat de gestion. La RTBF n’y est pas favorable et préfère miser sur la formation du personnel RH à l’égalité et à la diversité. Est-ce vraiment suffisant ? « Sans incitants, l’équilibre est rarement atteint. […] [Par ailleurs,] si la parité artificielle ne fonctionne pas toujours et si, en politique, il est extrêmement difficile de trouver des femmes motivées et désireuses de s’investir, les disparités actuelles sont injustifiées ». Quelle est la position de la ministre sur l’imposition de quotas ? Quelles sont les avancées de l’évolution de la plateforme Expertalia ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

De manière générale, les femmes sont sous-représentées dans les médias. Outre le financement et le suivi d’Expertalia, la ministre et son collègue Jean-Claude Marcourt soutiendront aussi une étude sur le « journalisme au féminin », afin de se pencher sur les obstacles rencontrés par les femmes journalistes et de développer des recommandations concrètes.

Concernant la présence des femmes à la RTBF radio, la ministre signale que La Première comptait, en avril 2017, 14 journalistes pour des émissions ou journaux parlés, sans oublier les chroniqueuses d’autres émissions. Sur Vivacité, on en dénombrait 13.

On ne recense pas d’études sur les préférences des auditeurs en matière de voix masculines et féminines, et la ministre considère cette dichotomie comme une construction intellectuelle.

« Enfin, sans être une partisane dogmatique des quotas, j’estime que cette stratégie a démontré son efficacité, tant dans le secteur privé que dans le secteur public, notamment en politique ».

 

 

  1. Question d’Yves Evrard (MR) : « Campagnes choc de sensibilisations »

 

Le Groupe d’Action qui dénonce le manque de places pour personnes handicapées de grande dépendance (GAMP) a développé des campagnes choc de sensibilisation, avec un ton souvent provocateur, afin de marquer les esprits et de provoquer une réflexion pour faire évoluer les mentalités. La FWB adopte souvent la même logique, comme par exemple avec la campagne « Fred et Marie » sur les violences dans le couple.

La provocation est-elle devenue obligatoire pour forcer à réfléchir ? Jusqu’où peut-on aller ? Est-ce efficace ? Le ministère a-t-il un droit de regard ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

« La sensibilisation et la prévention font partie intégrante de l’ADN de la Fédération Wallonie-Bruxelles ». Les campagnes menées au sein du ministère sont toujours suivies par un comité de pilotage et construites différemment, en fonction du thème, du public-cible, etc.

L’efficacité réelle est toujours difficile à démontrer. Nous tentons de prévoir un maximum d’indicateurs comme, par exemple, la fréquentation des sites Internet au encore le nombre d’appels supplémentaires sur la ligne d’écoute consacrées aux violences conjugales.

 

 

  1. Question de Laetitia Brogniez (MR) : « Mail sexiste envoyé aux étudiants et étudiantes de l’ULB concernant la cérémonie de remise des diplômes en médecine »

 

Le contenu de l’e-mail, émanant du secrétariat de la faculté, était le suivant : « D’un point de vue esthétique, il est préférable que les jeunes femmes revêtent une robe ou une jupe ainsi qu’un joli décolleté et les hommes, un costume. Bien entendu, Mesdames, cette consigne n’est pas obligatoire ! ». Le recteur de l’ULB a présenté des excuses peu convaincantes : elles se limitaient au seul e-mail alors que plusieurs étudiantes font état d’un problème de sexisme bien plus généralisé dans l’enseignement supérieur.

Quelle a été la réaction de la ministre à cette affaire ? Quelles mesures envisage-t-elle, avec le ministre Marcourt, pour tenter de remédier à ce problème ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

La ministre s’est déclarée choquée et consternée par le contenu de cet e-mail mettant en avant l’image trop bien connue de la femme-objet. Cependant, elle constate du positif que cet événement médiatique a provoqué des réactions : « ce type de message ne passe plus ». Ce n’est qu’une petite victoire mais cela démontre que les campagnes de sensibilisation successives portent leurs fruits.

La collaboration avec le ministre Marcourt va au-delà du sexisme ordinaire : ils collaborent sur le Comité « Femmes et sciences », le master en études de genre, la prostitution étudiante ou encore les étudiant-e-s transgenres.

 

 

  1. Question d’Yves Evrard (MR) : « Campagne gayfriendly menée en province du Luxembourg »

 

En 2013, la Belgique était classée comme l’un des pays les plus accueillants pour les personnes LGBT. L’année dernière, la campagne « Ma commune, une commune ouverte à tous, une commune gayfriendly » a été réalisée via une quinzaine de communes et plus de 430 commerces et services en province du Luxembourg. Ces lieux apposaient un autocollant sur la devanture pour signaler formellement qu’ils offraient la même qualité de service aux LGBT qu’aux hétérosexuel-le-s.

La ministre a-t-elle été sollicitée pour soutenir cette campagne ? Ce type de campagne est-il efficace ? N’en faisons-nous pas trop, de sorte à passer d’une sensibilisation à une stigmatisation ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

La FWB n’a pas été sollicitée pour cette campagne, soutenue financièrement par la province du Luxembourg ? Cette campagne était intéressante car elle visait un double public : les touristes à qui l’on offre l’image d’une région ouverte sur ces questions, mais aussi des personnes éprouvant potentiellement plus de difficultés, en milieu rural, à faire leur coming out.

« Je soutiens fortement les actions de ce type et suis convaincue qu’aider les LGBT à évoluer dans une société non discriminante constitue un atout pour l’exercice plein et complet de la démocratie. »

 

 

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