Parlement de la FWB – #5 Commission Droits des femmes et égalité des chances

 

 

Séance du 4 juillet 2017

 

Compte-rendu intégral officiel à lire sur :  http://www.pfwb.be/le-travail-du-parlement/agenda-des-activites-parlementaires/001563031

 

 

  1. Question d’Hélène Ryckmans (Ecolo) : « Convention d’Istanbul »

 

L’Union Européenne vient de signer la Convention d’Istanbul, outil législatif permettant de combattre la violence faite aux femmes. Son application doit toutefois faire l’objet de négociations qui s’annoncent difficiles en raison des réticences de pays comme la Pologne, la Hongrie et la Bulgarie. Quelles sont les démarches entreprises par la FWB ? La ministre a-t-elle pu en discuter avec son homologue fédérale [Zuhal Démir, NV-A] ? « Il ne suffit pas de signer la convention afin qu’elle devienne réalité ».

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

La Ministre se réjouit de cette signature, qu’elle considère comme un message politique fort, même si les négociations s’annoncent effectivement tendues. Seuls 14 des 28 pays de l’Union ont actuellement ratifié la convention. Un contact a été pris par le ministère auprès du représentant belge au sein du groupe de travail « Droits fondamentaux et mobilité personnelle » du Conseil de l’UE pour réfléchir à la meilleure manière d’appliquer une adhésion la plus large possible.

L’UE n’a d’ailleurs pas attendu la signature de la convention pour agir sur le terrain, par exemple via l’Agence des droits fondamentaux, Eurostat ou le programme « Daphné ».

 

Réaction d’Hélène Ryckmans (Ecolo) :

  • « […] vous ne me répondez pas sur les contacts avec la ministre fédérale chargée de l’égalité de genre.
  • Ce n’est pas pas par distraction…
  • Je m’en doute. J’espère qu’un ministère des Droits des femmes subsistera en Fédération Wallonie-Bruxelles. »

 

 

  1. Question de Jean-Marc Dupont (PS) : « Promotion des métiers informatiques auprès des femmes »

 

Dans les sections informatiques, on rencontre environ une étudiante pour huit étudiants. C’est inquiétant, d’autant que ces filières sont porteuses d’emploi. Un guide visant à assurer plus de mixité dans les métiers de l’informatique a été édité par la ministre. En quoi consiste-t-il ? À qui sera-t-il distribué ?

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

L’association Interface3 de Namur a reçu un soutien dans le cadre de l’appel à projets « Alter Égales » de 2016. Le projet s’est formalisé en un carnet visant à sensibiliser sur les stéréotypes de genre dans les métiers de l’informatique. 5000 exemplaires ont été édités : 1000 carnet sont été envoyés aux écoles secondaires de la FWB et 1500 ont été envoyés ou demandés parmi les opérateurs de l’insertion professionnelle et du secteur de la jeunesse. Des affiches sont également disponibles.

D’autres projets similaires sont soutenus, comme l’opération « Girls’ Day, Boys’ Day » qui encourage les jeunes à choisir un métier en s’affranchissant des préjugés ou encore la collaboration avec l’entreprise bruxelloise Engie Cofely. Au départ d’une pénurie parmi les agents de maintenance, un travail a été mené pour former des femmes et leur faire signer un contrat dans l’entreprise. Douze étudiantes ont ainsi pu accéder à l’emploi et à un métier en pénurie tout en combattant les clichés qui collent aux métiers techniques. De nouvelles expériences similaires devraient voir le jour.

En collaboration avec le ministre de l’Enseignement supérieur, un « Comité Femmes et Sciences » a également été institué par décret en tant qu’organe consultatif sur la question du genre dans les carrières scientifiques et académiques.

 

 

  1. Question de Laetitia Brogniez (MR) : « Rapport d’évaluation du décret visant à promouvoir une représentation équilibrée entre les hommes et les femmes dans les organes consultatifs »

 

Selon ce décret, visant à instaurer un minimum de 35% de femmes ou d’hommes dans les organes consultatifs, un rapport d’évaluation doit être réalisé tous les cinq ans. Que ressort-il de l’enquête auprès de ces organes ? Le groupe MR souhaite vivement que le rapport soit porté à la connaissance du Parlement pour analyse.

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

Le rapport d’évaluation contiendra des informations quantitatives, une analyse de l’évolution de la représentation des femmes dans ces organes, une analyse des dérogations et procédures, des actions de sensibilisation, ainsi qu’une analyse qualitative des attitudes et représentations des membres des organes consultatifs. Un formulaire d’enquête a été envoyé le 30 mai aux 191 organes concernés.

Le rapport devrait être transmis au gouvernement en octobre 2017.

 

 

  1. Question d’Hélène Ryckmans (Ecolo) : « Sexisme et racisme à l’IHECS »

 

Ce type de sujet revient malheureusement à chaque séance de commission. Cela concerne cette fois les propos tenus par un enseignant à l’IHECS, lors d’un cours sur le corps et la musique, et surtout les insultes à caractères raciste et sexiste qu’ont subi les étudiants qui s’étaient indignés de ces propos. La réaction de la direction était interpellante car très peu engagée. L’IHECS est une école de journalisme et tient, de ce fait, un rôle important à jouer dans la déconstruction des stéréotypes. Plus largement, ce genre d’affaire doit pousser à former enseignants et étudiants à repérer les stéréotypes de genre.

La ministre s’est-elle informée de la situation ? A-t-elle réagi d’une manière ou d’une autre ? « Je sais que vous n’avez pas dans vos compétences l’Enseignement supérieur. Mais je vous sens plus réactive sur ce genre de dossier que M. Marcourt. Je préfère donc m’adresser à vous pour connaître votre opinion sur le sujet et celle du gouvernement ».

 

Réponse d’Isabelle Simonis (PS), ministre de l’Enseignement de Promotion Sociale, de la Jeunesse, des Droits des Femmes et de l’Égalité des chances :

 

Effectivement, cet enseignant a tenu un « discours sexiste et raciste aux relents colonialistes » en faisant état de « performances sexuelles des femmes rwandaises et congolaises en des termes crus, embarrassants et essentialisants ». Il est toutefois positif de constater que de nombreux étudiants ont condamné ces propos.

La lutte contre les stéréotypes et un combat permanent. L’organisation de la campagne organisée en février et mars derniers (dont le slogan était « Réduire une personne à une identité unique, c’est le début du racisme ») ou encore le rapport de Vie Féminine (dans le cadre du programme « Alter Égales ») sur la corrélation des logiques liées au racisme et au sexisme, s’insèrent dans ce travail éducatif de longue haleine.

 

 

Durée de la séance : 40min.

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