Journées du matrimoine

20 avril 2022
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publié par: Synergie Wallonie

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Journées du matrimoine

Le thème pour la 34eme édition des journées du matrimoine a été décidé : il s’agira de « Patrimoine et Innovation », et aura lieu le 10 et 11 septembre 2022. Nous travaillerons donc le thème de « Matrimoine et Innovation » pour ces journées.

Avant tout cela, faisons un retour en arrière : nous sommes le 9 septembre 2021, la 33eme édition des journées du matrimoine se déroule à Namur, dans le jardin du Musée des Arts anciens, et est animé par Myriam Sabrir.

Le thème de cette édition est « Droits des femmes et matrimoine ».

Notre « conférence sur le pouce » commence par l’accueil d’Isabelle Paul, médiatrice culturelle au TréM.a – Musée des Arts anciens.

Début du matrimoine

Après un court mot de présentation, Isabelle lance le départ du sujet en faisant un retour dans l’histoire : nous nous rendons aux débuts du matrimoine.

VI siècle : le besoin de protéger les femmes se fait ressentir, et le code salique met en place toute une série de lois qui protège les femmes :  celle-ci permet aux femmes de pouvoir recevoir une protection juridique et financière. De plus, les femmes peuvent également hériter des biens territoriaux. Il s’agit donc de l’ancêtre du matrimoine.

Le code salique est extrêmement important. Il légifère la violence faite aux femmes et prévoit des amendes en fonction des endroits du corps touchés.

Les chrétiens, eux, ont bien compris que le meilleur allié pour convertir le peuple était les femmes. C’est à ce moment-là que débutent les protobéguinages.

Les béguinages

Après cette superbe entrée en matière, c’est Apolline Vranken, architecte, chercheuse FNRS (ULB) et créatrice des premières Journées du Matrimoine en Belgique qui prend la parole pour nous parler des béguinages, qui font d’ailleurs maintenant partie du Patrimoine de l’UNESCO.

Les béguines sont considérées, à l’époque, comme des sorcières. Elles lancent un mouvement urbain qui inquiète les autorités, en plus d’être des femmes indépendantes. Ce mouvement, lancé au XIe et XIIe siècle, va traverser un millénaire de l’histoire. En Belgique, les béguines sont des femmes moitié religieuses, moitié laïques. Elles entrent dans le jeu du pouvoir et sont considérées comme un lobby.

Les béguines et les béguinages sont très importants dans l’histoire. Avec leur nouvelle façon de penser, les béguines vont influencer l’évolution dans les pays où elles résident.

Les béguines sont les premières femmes propriétaires en Europe, ce qui est une énorme révolution pour le XIIe siècle. Elles n’ont pas fait le vœu de pauvreté et peuvent donc travailler pour gagner de l’argent. Elles sont autonomes financièrement et travaillent principalement dans le milieu du care.

Elles vont édicter les règles urbanistiques qui vont, plus tard, influencer les architectures. Elles ont également un mode de décision démocratique, car elles décident de la « grande maîtresse » tous les deux ans : il s’agit de l’ancêtre des Assemblées Générales, et de la collocation avec le couvent.

Le plus grand béguinage de Bruxelles comptait plusieurs milliers de femmes. Il existe de nos jours des néo béguinages : un à Bruxelles, non mixte, un en Auzelles, mixte et un en Allemagne, qui n’est pas religieux.

Cette magnifique intervention nous raconte ce passé, assez peu connu, des béguines. La société actuelle a hérité de beaucoup de choses des béguines et des béguinages.

Émancipation de la femme dans la société

Isabelle Parmentier, Vice-Rectrice et Vice-Rectrice en charge des affaires étudiantes et de la vie du Campus à l’Unamur, prend le relais en nous parlant de l’émancipation de la femme dans la société.

Il est intéressant de s’interroger sur le lien entre les femmes et le patrimoine : comment les femmes se constituent-elle un patrimoine, et comment peuvent-elle en disposer ? Mais surtout, il est important de retracer les grandes étapes de l’histoire des femmes en Belgique.

Lors du XVIIe et XVIIIe siècle, avant le régime français, les femmes étaient sous l’autorité de leur père suivi de celle de leur mari, à l’exception des béguines et des veuves, qui pouvaient être autonomes dans la gestion de leurs biens. Le régime français n’améliorera rien, car les femmes mariées avaient alors un statut de mineures. Certains espoirs seront fondés grâce à Olympe de Gouges, rédactrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, mais il n’y aura pas de suites immédiates. Après 5 textes, elle sera guillotinée.

Après la seconde guerre mondiale, le texte d’Olympe de Gouges va inspirer les féministes, ce qui donnera lieu à l’identité des devoirs et l’identité de droits.

« La femme a le droit de monter sur l’échafaud, elle a le droit de monter à la tribune. »

Les discriminations restent cependant importantes dans la société, mais un groupe de féministes vont se faire connaître en 1830-1840, avec Zoe de Gamond. Elles auront un impact dans le domaine de l’éducation, car elles ouvriront des écoles.

En 1845, retour en arrière : restauration de la famille traditionnelle, les rares féministes seront cantonnées à la sphère éducative. Cependant, à la fin du XIXe siècle, elles vont sortir de cette sphère et dépasser le cadre des zones de l‘éducation.

Toutes ces dates, tous ces chiffres pourraient nous faire penser que l’évolution avance bien, qu’il y a eu beaucoup de bonnes choses qui se sont passées. Isabelle nous sort de cette pensée totalement fausse, en nous rappelant que l’évolution du statut et des droits des femmes n’a pas été que d’avancées, mais beaucoup de recul également. Par exemple avec, dans les années 30, l’arrêt du travail des femmes sauf pour le nettoyage.

Cependant, le 27 novembre 1892, la première association féministe de Belgique est créée : la Ligue belge du droit des femmes. En 1900, les femmes mariées ont le droit à un compte bancaire personnel et peut enfin percevoir son salaire sans passer par un homme. Le féminisme avance, les femmes obtiennent de plus en plus de droits, mais elles restent encore fort sous le contrôle des hommes. L’égalité entre les époux n’arrivera qu’en 1976.

Dans les années 50, le droit culturel et environnemental amène de nombreuses associations à comprendre et voir comment la société patriarcale empêche la créativité et l’émancipation des femmes.

Isabelle termine par nous confier que, finalement, il y a un parallélisme entre l’acquisition du droit des femmes, le matrimoine et l’adoption de mesures de protection de l’environnement. Matrimoine et environnement, serait-ce le même combat ?

Grands noms féminins historiques

Après ces quelques interventions riches en histoire, Marie-Claire Hérent, secrétaire du conseil d’administration de Synergie Wallonie, clos cette journée en parlant de plusieurs dames qui ont marqué cette histoire. Le matrimoine, à notre époque, inclut également la trace laissée par de grands noms féminins qui ont lutté en faveur du genre. Marie-Claire cite Gisèle Halimi en France et Anne-Marie Lizin en Belgique.

Gisèle Halimi : Gisèle Halimi s’est engagée dans les causes qui ont façonné le XXe siècle. Elle a très tôt manifesté son admiration pour les valeurs de la République et sa volonté d’en connaître toute la culture. Sa découverte du racisme et de l’antisémitisme dans le territoire hexagonal lui fit prendre conscience du caractère indigne de la colonisation et de l’impérieuse nécessité de rendre à la France la cohérence de sa devise Liberté, Égalité, Fraternité à laquelle elle ajoutait la sororité. Questionnant la loi, provoquant le débat, exigeant une justice vivante, elle défendit la cause des femmes envers et contre tout. Du procès de Bobigny où elle dénonça l’injustice de la loi pénalisant l’avortement, au procès d’Aix où elle exigea que le viol soit jugé comme le crime qu’il est, elle fut une avocate révoltée et révolutionnaire. Femme politique, elle obtint la dépénalisation de l’homosexualité.

Anne-Marie Lizin : Première Femme présidente du Sénat de Belgique, Bourgmestre de la ville de Huy pendant plus de 20 ans, elle est aussi Fondatrice d’une asbl intitulée Terre des Femmes, où Anne-Marie Lizin promeut un projet d’extension de l’asile politique aux victimes de persécutions pour des raisons de sexe. Elle fût également présidente du Conseil des Femmes Francophones de 1996 à 2002 et a assuré ensuite la présidence de la Commission wallonne du CFFB depuis lors jusqu’à la fondation de Synergie Wallonie. Elle est également cofondatrice de l’association Atlanta+ qui milite, notamment, pour le respect de la charte olympique à l’égard des athlètes féminines.

Ces grandes dames, dont le parcours cité ici n’est pas exhaustif, ne sont pas les seules à avoir illustré notre matrimoine : scientifiques, écrivaines, compositrices, peintresses, et bien plus encore. Vous retrouverez des portraits de femmes dans notre section appropriée sur le site.

Les prochaines journées du matrimoine

Ce retour en septembre 2021 prend fin, nous devons maintenant penser aux prochaines journées du matrimoine.

Si vous avez des idées sur le thème « Matrimoine et Innovation », n’hésitez pas à nous envoyer des propositions via notre mail.

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